Environ 100 tonnes d’or quitteraient illégalement Madagascar chaque année à destination de Dubaï. C’est ce qu’a révélé mardi le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, lors d’un déplacement à l’aéroport international d’Ivato. Le chef de l’État y a rencontré les responsables chargés du contrôle des frontières et de la sécurité aéroportuaire, en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, notamment ceux concernés par les transports et la sécurité nationale. Cette rencontre a permis d’aborder les nombreuses failles dans la surveillance des frontières, les trafics de ressources minières et les soupçons de corruption au sein des services aéroportuaires.
À plusieurs reprises, le chef de l’État a employé le terme « passoire » pour décrire la situation aux frontières nationales, particulièrement à l’aéroport d’Ivato. Selon lui, des réseaux de trafiquants y opèrent malgré les importants moyens humains et matériels mobilisés pour assurer la surveillance et les contrôles. L’aéroport serait ainsi devenu un point de passage privilégié pour la sortie clandestine de ressources minières. Le colonel Randrianirina a également évoqué un déplacement des activités illicites vers l’aéroport international de Nosy Be. D’après ses explications, lorsque les contrôles se renforcent à Antananarivo, certains trafiquants changent simplement d’itinéraire pour poursuivre leurs opérations. Une situation qui met en évidence les limites des dispositifs de surveillance et la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents services chargés de la sécurité aux frontières.
Circuits clandestins
Les trafiquants utiliseraient des circuits clandestins et bénéficieraient de complicités au sein même des services de contrôle, selon le président de la Refondation. Pour comprendre le fonctionnement de ces réseaux, il affirme avoir déployé ses propres « pisteurs », chargés de recueillir des renseignements sur les pratiques suspectes. Les informations obtenues lui auraient permis d’identifier des complicités dans plusieurs secteurs. Certains membres du personnel disposent même de privilèges leur permettant d’échapper aux fouilles habituelles.
Le colonel Michael Randrianirina a regretté cette situation, estimant que personne n’oserait contrôler certains agents. Il est allé jusqu’à citer publiquement trois noms, devant les caméras qui retransmettent la réunion en direct sur les réseaux sociaux. Ces accusations, dont le bien-fondé reste à établir, exposent néanmoins les personnes concernées à de graves soupçons. Sans attendre les conclusions d’éventuelles enquêtes administratives ou judiciaires, le chef de l’État a demandé au gouvernement de procéder à leur mutation. Il a également réclamé un renouvellement du personnel de l’aéroport afin de mettre fin aux pratiques dénoncées.
L’objectif affiché est de lutter plus efficacement contre la corruption, dont l’ampleur se serait encore « aggravée » ces derniers temps, selon les propres termes du président de la République. Cette situation préoccupe particulièrement les autorités en cette période de transition politique. La lutte contre les pratiques frauduleuses devrait également permettre de réduire les sorties clandestines de ressources minières. Plusieurs découvertes récentes témoignent de la persistance du phénomène. Mardi, des pierres précieuses destinées à quitter le territoire ont été découvertes à l’aéroport d’Ivato. Quelques jours auparavant, d’autres quantités d’or et de pierres précieuses y avaient également été saisies.
Ces opérations montrent que les tentatives d’exportation irrégulière se poursuivent malgré les contrôles. Au-delà des mesures répressives, l’État entend renforcer la traçabilité des ressources minières, mieux encadrer leur commercialisation et limiter les pertes économiques liées aux exportations clandestines. L’enjeu est considérable pour les finances publiques, puisque ces trafics privent le pays de recettes fiscales et de devises qui pourraient contribuer au redressement de l’économie nationale.
Madagascar pourra se passer de ses bailleurs de fonds traditionnels
Rien qu’avec le rapatriement des devises provenant des quelque 100 tonnes d’or qui seraient exportées illégalement chaque année vers Dubaï, le pays pourrait mobiliser jusqu’à 10 milliards de dollars, selon les estimations avancées par le président de la Refondation. Un montant considérable, qu’il a rapproché de la dette publique malgache, évaluée entre 6 et 7 milliards de dollars, selon les chiffres attribués au ministre de l’Économie et des Finances. Pour le chef de l’État, une meilleure maîtrise des exportations aurifères pourrait ainsi donner au pays les moyens de réduire fortement son endettement et sa dépendance aux financements extérieurs.
Le colonel Michael Randrianirina estime qu’en adoptant une politique similaire, Madagascar pourrait disposer de ressources financières suffisantes pour financer une partie importante de son développement, sans devoir constamment solliciter la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Il reste toutefois à distinguer la valeur commerciale de l’or exporté des recettes que l’État pourrait réellement percevoir grâce à sa taxation, à son exploitation ou au rapatriement des devises.
Pour atteindre ces objectifs, les autorités entendent agir avec fermeté contre les trafics et la corruption, tout en affirmant leur volonté de rester à l’écoute de ceux qui souhaitent contribuer au développement du pays. Toutefois, le déroulement de certains échanges lors de cette réunion a laissé une impression plus contrastée. Les interventions de trois personnes, dont un agent chargé du contrôle à l’aéroport, ainsi que les échanges avec le directeur général de l’Agence anti-fraude, le général Charles Andrianasoavina, ont donné le sentiment que les observations des agents de terrain ne bénéficient pas toujours de toute l’attention nécessaire.
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Vos commentaires
Raharaham-bahoaka sy asam-panjakana hanjakan’ny tsy maty manota sy tontakely tsy valahara...
Izay no zavamisy tsy azo iadian-kevitra sy tsy azo lavina intsony mihintsy.
Na inona hambara sy holazaina, dia ny fitondrana volomboasary nentin’i Rajoelina sy Ntsay ary Ravatomanga no tena nampiroborobo ny halatra sy kolikoly ary fanondranana antsokosoko ny volam-bahoaka sy ny harenampirenena Malagasy.
Levona tanteraka ny asampanjakana sy ny fiarovana ny fiandrianampirenena ankehitriny. Tsy misy azo hitokisana intsony ny maro amin’ireo tomponandraikitra ara-panjakana ankehitriny.
Inona no vahaolana maika ?
Tsy ampy sy tsy mety intsony Colonel ny famindrana toerana sy fanesorana ny tontakely tsy maty manota amin’ny andraikitra nosahaniny.
Ny famonjana higadra, ny fangejana ny fananany, ary ny fandroahana tanteraka tsy ho mpiasampanjakana intsony...izay no vahaolana maika !
Inona moa no fahombiazana azo handrasana amin’ny fanorenana ifotony kasaina hapetraka io raha mbola avela ao anaty asam-panjakana ao ny tsy maty manota ?
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Traquer partout où ils se trouvent et jusqu’au fond de leurs tripes ces dangereux bandits ennemis de la nation .
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La junte militaire se trouve dans une situation PARADOXALE :
Le PRRM et le PM font face à des responsabilités accrues et à des pressions contradictoires pour endiguer la corruption, réformer l’État et maintenir la stabilité institutionnelle.
Si le pouvoir de transition subit la déception de la population face à la persistance de la corruption. Pour " nettoyer en profondeur" le pays, déclarer la guerre à la " mafia financière" bien ancrée , les méthodes utilisés par ce régime militaire (menace de dissolution parlementaire, poursuites contre des juges constitutionnels, arrestations d’opposant) font craindre à la société civile une dérive autoritaire où la lutte anti-corruption sert d’outil pour neutraliser la contestation politique.
D’autant plus que les faits et agissements du colonel , tournées en province et distribution de subsides, ainsi que le retard pris, dans le calendrier électoral et le reférendum constitutionnel alimentent les doutes quant à la volonté réelle de l’éxécutif de cèder le pouvoir à un gouvernement civil.
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