Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, affirme avoir personnellement pris en main le suivi de l’enquête sur la sortie controversée de onze ressortissants chinois détenus dans un établissement pénitentiaire de la capitale. Mardi, lors de son déplacement à Ivato, le chef de l’État a également révélé que deux autres tentatives de sortie irrégulière de détenus avaient été signalées récemment. Les investigations visent désormais à identifier les personnes qui auraient organisé ou facilité ces opérations. Le président assure que les résultats seront connus prochainement.
Ces nouvelles révélations élargissent les interrogations sur le fonctionnement de l’administration pénitentiaire. L’affaire ne concerne plus uniquement les circonstances dans lesquelles les onze ressortissants chinois ont quitté leur lieu de détention. Les enquêteurs doivent également déterminer si d’autres interventions irrégulières ont été tentées, identifier leurs éventuels bénéficiaires et établir les responsabilités individuelles. À ce stade, aucun élément communiqué ne permet de confirmer l’existence d’un réseau organisé reliant ces différents dossiers.
Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a également réagi à cette affaire, après plusieurs jours de critiques concernant son absence de prise de position publique. Interrogé par les journalistes, le chef du gouvernement a promis des sanctions contre les personnes dont la responsabilité serait établie. « Aussi sévère que possible sera la sanction que recevra le responsable de la libération de ces étrangers en prison, qui qu’il soit », a-t-il déclaré.
Il a également assuré que les autorités n’entendaient accorder aucun traitement de faveur aux personnes éventuellement impliquées, indépendamment de leurs fonctions ou de leur position au sein de l’administration.
La ministre de la Justice directement mise en cause
Les accusations formulées par le secrétaire général du Syndicat du personnel de l’administration pénitentiaire ont donné une dimension politique à cette affaire. Ce responsable syndical a publiquement désigné la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, comme étant à l’origine des instructions qui auraient permis la sortie des onze détenus chinois.
La ministre rejette catégoriquement ces accusations. Elle conteste notamment les circonstances de la rencontre au cours de laquelle les instructions lui auraient été attribuées et oppose plusieurs éléments à la version présentée par le syndicaliste. Les déclarations des deux protagonistes restent contradictoires. Aucune conclusion judiciaire communiquée à ce stade ne permet d’établir la responsabilité de la garde des Sceaux dans cette affaire.
La situation du responsable syndical, présenté comme recherché par la justice, ajoute une difficulté supplémentaire à la clarification des faits. Les enquêteurs devront notamment vérifier les déclarations des différentes personnes concernées et retracer les procédures administratives ayant précédé la sortie des détenus.
mLundi, à Tsimbazaza, le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, a demandé aux responsables de l’exécutif de prendre des mesures à l’encontre des personnalités citées dans ce dossier. Son intervention a notamment soulevé la question du maintien au gouvernement des responsables visés par les accusations.
Interrogé sur l’éventualité d’un remaniement, le Premier ministre a rappelé que la nomination et le remplacement des ministres relèvent des prérogatives du président de la Refondation. Il n’a donc annoncé aucune décision concernant la composition du gouvernement.
Les conclusions de l’enquête présidentielle sont désormais attendues pour déterminer les circonstances exactes des sorties irrégulières signalées et les responsabilités éventuelles. Elles devront notamment permettre de distinguer les accusations publiques des faits établis par les investigations.
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