Des documents internes révélant des indemnités versées à de hauts responsables publics ont provoqué une vive controverse, plaçant la Cour des comptes au cœur d’un débat sur la transparence et l’équité au sein de l’administration malgache. La juridiction financière, connue pour ses rapports rigoureux, se retrouve cette fois-ci sous le feu des critiques, notamment en raison des montants jugés élevés accordés à ses propres membres.
Dans un communiqué publié rapidement après la diffusion des informations, la Cour des comptes a confirmé l’authenticité des documents en circulation. Elle précise toutefois que les chiffres concernent les exercices 2023 et 2024, et qu’ils s’inscrivent dans un cadre administratif en vigueur depuis 2022. Une mise au point destinée à contextualiser des montants qui, isolés de leur cadre légal, ont suscité de nombreuses réactions.
Selon les données divulguées, le président de la Cour aurait perçu environ 20 millions d’ariary d’indemnités, tandis que les présidents de chambre auraient bénéficié de sommes avoisinant les 13 millions d’ariary chacun. D’autres responsables figurent également dans ces documents, avec des montants compris entre 12 et 20 millions d’ariary. Rapidement relayées sur les réseaux sociaux, ces informations ont ravivé les critiques, notamment de la part d’opposants au régime actuel.
Cette séquence intervient dans un contexte particulier. Il y a à peine quelques semaines, la Cour des comptes publiait un rapport très critique mettant en cause la gestion financière de l’ancien régime, évoquant notamment des détournements massifs estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Cette posture de vigie des finances publiques, saluée pour sa fermeté, contraste aujourd’hui avec les interrogations sur ses propres pratiques internes.
Au-delà de la Cour des comptes, la fuite a relancé un débat plus large sur les indemnités perçues dans d’autres institutions. Des chiffres issus de précédents rapports ont refait surface concernant la Haute Cour constitutionnelle. Entre 2023 et 2024, plusieurs versements importants y ont été enregistrés, dont un montant global d’un milliard d’ariary en décembre 2023, réparti entre le président et les conseillers. D’autres paiements, dépassant le milliard d’ariary, ont suivi au cours de l’année 2024.
Ces opérations, réalisées via un compte spécifique rattaché au ministère de l’Économie et des Finances, avaient déjà attiré l’attention de la Cour des comptes elle-même. Dans ses analyses, elle soulignait des zones d’ombre en matière de lisibilité budgétaire, notamment en raison de l’utilisation de circuits financiers parallèles.
Lors de la présentation de son rapport 2025, le président de la Cour, Jean de Dieu Rakotondramihamina, avait d’ailleurs évoqué les déséquilibres persistants au sein de la fonction publique. Il pointait des écarts significatifs entre les institutions, alors que des secteurs essentiels comme la santé et l’éducation continuent de faire face à des ressources limitées.
Aujourd’hui, la polémique met en lumière une question plus large : celle de la cohérence entre le discours sur la bonne gouvernance et les pratiques internes des institutions. Entre exigence de transparence et perception d’inégalités, le débat est désormais pleinement installé.
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Vos commentaires
La vie est belle, n’est pas ? Malheureusement pas pour tout le monde et surtout pas pour ceux, qui la méritent ! Et a quand est ce qu’on va deplumer tous ceux voleurs, corrupteurs corrompus, spoilers genre de Rablue, Rajoel et autres profiteurs ??? Sachez, que la prison ne leur suffit pas ! Au lieu de les mettre au prison je préfère de les deplumer de tout ce qu’ils possedent jusq’a qu’ils restent nues sauf de culottes !
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On ne cesse de réitérer encore et toujours que la capture de l’Etat par le trio de malheur Rajoelina-Ntsay-Ravatomanga n’a jamais été possible sans la contribution volontaire des fonctionnaires de l’Etat.
Les fonctionnaires se servent et s’octroient des privilèges en puisant dans les finances publiques en contrepartie du laisser aller permis vis à vis des actes perpétrés par le trio de malheur...
Et le pire, même si le régime politique au pouvoir change, les fonctionnaires de l’Etat ne se gênent plus pour préserver ce qu’ils considèrent comme étant "des droits acquis"...
Sans parler de l’existence de dizaines de milliers de fonctionnaires "fantômes" entretenus dans le système en tant que pillage déguisé en plus des droits acquis...
Bref, l’administration publique Malagasy est un corps gangrené nécessitant des opérations indispensables d’amputation...
L’autonomie des Régions et des Provinces est la voie idoine pour y arriver, en 66 années de système politique unitaire centralisé, la bête infâme qu’est devenue l’administration publique Malagasy devra être domptée sans ménagement sans soucis de compréhension de justificatif politique ni de compassion...
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Pourquoi pas Vohitra ? Un tel changement pourra bouger qques choses qui coincent depuis...Je suis d’accord !
Décentralisation ou rzgime federal ? Pourquoi pas ? Mais cela n’écarte pas le risque que les autorités fédérales ne s’accordent pas non plus de belles primes et de confortables indemnités.
N’oublions pas que dans le top 5 de la mauvaise gouvernance, les collectivités décentralisées et les services deconc3ntres sont en très bonne place.
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Bonjour Vazaha,
Il n’y jamais eu de décentralisation dans ce pays jusqu’à maintenant !
Le centralisme des décisions et des priorités est encore en train de se reproduire quel que soit le régime en place, actuellement, la satisfaction des ambitions des bidasses qui fait partie des préoccupations de la junte militaire.
Les civils qui y contribuent ne sont que des crapules en puissance, le rajout de la touche ethnique y faisant foi..
Une réelle décentralisation est la dernière des préoccupations de la junte maintenant, quant à la Refondation de la République, elle sera à ajuster en fonction de l’élection du Colonel et la manipulation de la soi disante concertation nationale à venir...
Décentralisation ou rzgime federal ? Pourquoi pas ? Mais cela n’écarte pas le risque que les autorités fédérales ne s’accordent pas non plus de belles primes et de confortables indemnités.
N’oublions pas que dans le top 5 de la mauvaise gouvernance, les collectivités décentralisées et les services deconc3ntres sont en très bonne place.
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Le Flament Rose ! virez le de là et manu militari. c’est le cas de le dire .
Votre gouvernance est bien débile.
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C’est du " poignon de dingue " au grand dam des gueux..
Incroyable ce pays !
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Pour les douanes de Tamatave connus pour leur CORRUPTION A ULTIME DEGRÉ se sera un coup très treeees dur ! Franchement je leur souhaite crever ! Et même finir dans les prisons comme d’ailleurs pour les douanes d’Ivato pas moins doués pour dérober de touristes mais surtout dérober le pays !
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Salama djiaby.
Ce qu’ il faut virer c’ est cette mentalité de profiteurs, / corrompus, en gros virer la moitié de la population = mission impossible !
Quand tu penses à l’ insolence de ces pourritures qui accusent leurs homologues de corruption alors qu’ ils font exactement pareil !
Comment voulez-vous éradiquer cette mentalité ???
Ils devraient tous passer devant des juges justifier tout ce vola et subir les conséquences de ce qu’ ils ne peuvent justifier en l’ occurence des sommes astronomiques au détriment du reste des institutions en carence pour ne pas dire qui leur sont volées, sans le moindre scrupule sous d’ autres cieux on appelle ça une mentalité de m- - -e.
Tant que cet état d’ esprit n’ est pas rectifié, et sanctionné (car ils ne comprennent que ça) cela persistera ad vitam aeternam !
Il n’ y a aucun patriotisme, aucune éthique, aucune morale, à l ’encontre de leurs compatriotes, c ’est la politique du tout pour ma gueule : des parvenus (incultes)...
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Les juges sont aussi corrompus et parmi le plus corrompus - cercle vicieux qui n’a pas de solution..
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Bonjour Mr Vohitra.
Il n’y a jamais eu fe décentralisation dites vous. Ok soit. Mais cela n’empêche pas de constater que les services des collectivités locales sont dans le top 5 de la mauvaise gouvernance.
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