L’ariary s’échange désormais autour de 4 142 ariary pour un dollar américain et 4 814 ariary pour un euro. À travers ces niveaux publiés par la Banque centrale de Madagascar sur le marché interbancaire des devises (MID) au 27 avril 2026, se dessine une tendance révélatrice de l’état actuel de la monnaie nationale : une relative stabilité face au billet vert, mais une dépréciation continue face à la monnaie européenne.
L’analyse de l’évolution récente montre que la devise malgache a connu des fluctuations limitées face au dollar, se maintenant dans une fourchette relativement étroite autour des 4 100 ariary. Cette résistance apparente masque toutefois des pressions sous-jacentes, liées notamment à la dépendance du pays aux importations stratégiques libellées en dollars, en particulier les produits pétroliers. La gestion de cette parité reste donc un enjeu crucial pour les autorités monétaires.
En revanche, la situation apparaît plus préoccupante vis-à-vis de l’euro. La progression régulière du taux de change sur les dernières semaines traduit une perte de valeur de l’ariary face à la devise européenne. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large, où l’euro se renforce sur les marchés internationaux, accentuant mécaniquement l’écart avec les monnaies des économies importatrices comme Madagascar.
Dans le contexte mondial actuel, cette dépréciation de l’ariary apparaît comme une évolution logique. Les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient continuent de perturber les marchés énergétiques, entraînant une hausse du prix du baril de pétrole. Pour une économie fortement dépendante des importations de carburants, cette situation se traduit par une augmentation de la demande en devises étrangères, notamment en dollars, ce qui exerce une pression directe sur la monnaie locale.
Par effet indirect, cette pression se répercute également sur le taux de change avec l’euro. Le renforcement de la monnaie européenne, combiné à la hausse du coût des importations énergétiques, contribue à accentuer la dépréciation de l’ariary. Ce mécanisme illustre la vulnérabilité structurelle de l’économie malgache face aux chocs externes, en particulier dans un environnement international instable.
Au-delà des facteurs conjoncturels, la faiblesse de l’ariary reste liée à des déséquilibres internes persistants. La forte dépendance aux importations, conjuguée à une capacité d’exportation encore limitée, maintient une pression constante sur les réserves en devises. Dans ce contexte, la tendance observée sur le MID ne constitue pas une anomalie, mais bien le reflet d’un équilibre fragile entre contraintes internes et dynamiques globales.
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Vos commentaires
Sur la forme : une refonte du MID est plus que nécessaire cf.l’analyse de Ratsietison J.J.
Sur le fond : à Madagascar, PRODUIRE est un mot que les dirigeants semblent avoir définitivement oublié.
Le colonel Michael doit prendre cela à bras le corps au lieu de s’exhiber avec ses courtisans dans la pratique du TSAPIKY.
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Nous avons des millions d’HA de terres agricoles , pourquoi ne pas oreiener notre économie dans l’Agriculture et l’élevage , au lieu de proposer des usines d’armement ...
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