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samedi 7 février 2026
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Société

Justice

Affaire Ravatomanga : Fanirisoa évoque des « complicités » avec les autorités mauriciennes et malgache

samedi 7 février | Mandimbisoa R. |  223 visites  | 2 commentaires 

En mission officielle à Maurice ces derniers jours, la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a provoqué une vive controverse après des déclarations relayées par la radio mauricienne Radio One (R1) au sujet de l’affaire Mamy Ravatomanga, homme d’affaires malgache actuellement détenu à Maurice. Ses propos, mettant en cause le rôle de certaines autorités mauriciennes entre 2009 et 2018, ont suscité de nombreuses réactions tant à Maurice qu’à Madagascar.

Mamy Ravatomanga, figure influente du monde des affaires à Madagascar, est détenu à Maurice depuis octobre dernier dans le cadre d’enquêtes portant sur des malversations financières présumées. Il est également poursuivi par la justice malgache pour des faits similaires, incluant des accusations de trafic d’influence. Selon les autorités malgaches, une partie des fonds soupçonnés d’être issus de ces pratiques aurait transité ou été placée à Maurice au cours de la période allant de 2009 à 2018.

Dans sa déclaration, Fanirisoa Ernaivo affirme que ces opérations financières n’auraient pas pu se faire sans des complicités, évoquant à la fois des réseaux à Madagascar et, selon elle, une tolérance ou une implication de certaines autorités mauriciennes de l’époque. La ministre soutient que des dossiers constitués à Madagascar sur cette période font état de circuits financiers ayant conduit à des placements à Maurice, possiblement via des cabinets spécialisés, ce qui, selon elle, soulève la question de responsabilités partagées.

Concernant l’éventuelle extradition de Mamy Ravatomanga, la ministre a tenu des propos qui ont également retenu l’attention. Elle a indiqué que la demande d’extradition avait été formulée dans l’hypothèse où Maurice ne poursuivrait pas l’enquête jusqu’à son terme. Elle a précisé que Madagascar souhaite que l’homme d’affaires soit transféré vers la Grande Île si les procédures locales arrivaient à leur terme, excluant clairement un transfert vers un pays tiers. Ces déclarations, parfois jugées confuses dans leur formulation, ont néanmoins été interprétées comme un signal politique fort de la part du gouvernement malgache.

Les réactions n’ont pas tardé. À Maurice, plusieurs observateurs ont critiqué le ton et la cohérence des propos de la ministre. Jérôme Boulle, journaliste et homme politique occupant un poste à responsabilité dans l’île, s’est montré particulièrement sévère. Il estime que « les démarches de cette dame sont insignifiantes » et qualifie son discours d’« incohérent ». Il relève notamment une contradiction temporelle : « Elle prétend que l’ancien régime mauricien aurait été complice de Mamy Ravatomanga entre 2009 et 2018, alors que de 2009 à 2014, c’est Navin Ramgoolam, l’actuel Premier ministre, qui était au pouvoir. »

A Madagascar, la période indiquée par l’actuelle ministre de la Justice correspond à la transition présidée par l’ancien président Andry Rajoelina et à l’avènement de Hery Rajaonarimampianina, fondateur du parti HVM, dont la plupart des dirigeants à l’époque reviennent actuellement au pouvoir dans le cadre de la Refondation, un autre période transitoire, dirigé par le colonel Michael Randrianirina.

À Madagascar comme à Maurice, ces déclarations alimentent en effet le débat public. Si certains y voient une volonté de transparence et de coopération judiciaire, d’autres redoutent une tension diplomatique inutile entre les deux pays. Une chose est certaine : l’affaire Ravatomanga dépasse désormais le strict cadre judiciaire et s’inscrit pleinement dans une dimension politique et régionale sensible.

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2 commentaires

Vos commentaires

  • 7 février à 09:54 | rendre visible l’incision le (#11616)

    Aslm alkm
    C’était prévisible avec cette dame adepte du wrrawera car la justice se base sur des faits avérés et des preuves mais pas sur des rumeurs, des préjugés et des doutes. Le temps de la justice est long et ne se décrète pas sans oublier son symbole "la balance".

    Répondre

  • 7 février à 10:23 | Vohitra (#7654)

    Tenir le rôle "d’influenceurs et vociférer sur Fb" et s’acquitter d’un devoir républicain au sein d’une institution d’État sont deux positions différentes, et nécessitant de faire appel à un recul et un auto-controle de ses actes et une intégrité morale exemplaire...

    Entre un militantisme assumé et une responsabilité et attributions officielles, une ligne de démarcation claire est impérativement à respecter.

    Surtout quand on s’adresse aux autorités d’un pays où l’état de droit et la démocratie font partie de la gouvernance publique...

    On peut tromper et induire en erreur ses fans sur Fb, on peut ignorer carrément ses déclarations sur Fb...mais on ne peut pas se comporter de la même manière dans une relation bilatérale entre deux Nations...l’habituel réflexe de rétropédalage avec la barque "fanavaozana" n’est pas une pratique adoptée chez le pays hôte...

    Ce n’est pas les autorités de l’île Maurice qui s’étaient engagées il y a trois mois à ramener au pays de Zanahary lors d’une passation de service la somme détournée de USD 5 milliards...

    Répondre

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