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	<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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	<description>L'actualit&#233; &#224; Madagascar. Informations politiques, &#233;conomiques, sociales, culturelles et sportives. Tourisme, m&#233;t&#233;o, guides pratiques, dossiers et reportages.</description>
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		<title>Madagascar-Tribune.com</title>
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		<title>Les chroniques de Rafetsy &#8211; Le mouvement Ady Fototra : reconstruire la confiance</title>
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		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-51-4044a.jpg?1783753807' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette chronique veut marquer un tournant &#233;ditorial : l&#8216;evolution de Ragidro &#224; Rafetsy&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'observation politiste critique, il s'agit de s'&#233;tendre d&#233;sormais &#224; un souci de diss&#233;quer, valoriser et th&#233;oriser les initiatives, citoyennes en particulier ( les &#171; p&#233;pites &#187; dirait une jeune amie ), jug&#233;es &#224; fort impact. L'&#233;valuation du mouvement Ady Fototra / Move On refl&#232;tera la premi&#232;re illustration de cette ligne &#233;ditoriale : il ne s'agit plus seulement de commenter la crise malgache, la soci&#233;t&#233; ou la g&#233;opolitique, mais d'analyser les laboratoires d'ing&#233;nierie sociale qui foisonnent et ici qui fusionnent philosophie endog&#232;ne et modernit&#233; manag&#233;riale pour transformer durablement la Grande &#206;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20734 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://iphone.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/adyfototra.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/adyfototra-3bc57.jpg?1782107871' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div style=&#034;background-color:powderblue;&#034;&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 2018 &#224; Antananarivo, le mouvement Move On se constitue en cellule de coaching et d'incubation, avant de lancer sa premi&#232;re action de terrain en f&#233;vrier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette dynamique na&#238;t &lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ady Fototra&lt;/a&gt; &#8212; &#171; la lutte pour les fondations &#187; &#8212;, mouvement citoyen qui se d&#233;ploie autour de trois axes : l'&#233;ducation et le r&#233;armement des consciences (programme Famoha), l'environnement et le reboisement (HETSORO, ROHIAINA), la culture et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses r&#233;alisations vont du dessalement de l'eau dans l'Androy au soutien &#224; la fili&#232;re vanille de Manakara, des tourn&#233;es &#171; Lecture en Rire &#187;, jusqu'&#224; la sensibilisation civique dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement revendique aujourd'hui dix-huit p&#244;les, des antennes dans une quinzaine de localit&#233;s et une pr&#233;sence diasporique sur cinq pays &#8212; un maillage enti&#232;rement b&#233;n&#233;vole, du Sud aride aux relais de France et des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; quoi un mouvement citoyen n&#233; d'une crise doit-il d'abord s'attaquer ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;pond : &#224; la conscience du citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est forte. Elle affirme qu'aucune transformation durable ne viendra d'institutions que l'on attendrait, immobiles, qu'elles se r&#233;forment d'elles-m&#234;mes. Le changement commence plus bas : dans les comportements, les liens, la capacit&#233; &#224; agir ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mal malgache ne tient pas seulement &#224; des consciences assoupies. Il tient aussi &#224; un vide. D'un c&#244;t&#233;, le &lt;i&gt;fanjakana&lt;/i&gt; : un pouvoir trop souvent v&#233;cu comme lointain, ext&#233;rieur, pr&#233;dateur. Le pouvoir du colon hier. Celui des r&#233;seaux et des int&#233;r&#234;ts capt&#233;s aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre, l'individu&#8230; Et entre les deux un &#171; presque &#187; plus rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; tenaient autrefois le &lt;i&gt;fihavanana&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;fokonolona&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;dina&lt;/i&gt;, des d&#233;cennies d'anomie en ont d&#233;fait le tissu. Ni l'&#201;tat, ni le march&#233;, ni les partis n'en ont r&#233;ellement rempli l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le vide social n'est jamais neutre. Le clan s'y installe. Le client&#233;lisme s'y nourrit. L'homme providentiel y propose une appartenance pr&#234;te &#224; l'emploi. L'individu isol&#233; devient disponible pour toutes les captures. La solitude est la mati&#232;re premi&#232;re des emprises. Un peuple dispers&#233; se gouverne ais&#233;ment. Un peuple reli&#233; discute, contr&#244;le et r&#233;siste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai probl&#232;me n'est pas qu'on ait &#224; faire face &#224; des consciences &#171; assoupies &#187; &#8230; Le vrai probl&#232;me c'est qu'on ait install&#233; les consciences dans la d&#233;fiance&#8230; Ces consciences o&#249; s'est ancr&#233;e la conviction, acquise &#224; force de d&#233;ceptions, de frustrations que l'autre finira par trahir, que le bien commun sera d&#233;tourn&#233;, que celui qui s'engage poursuit un int&#233;r&#234;t cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors chacun se retire. Le commun se d&#233;grade, l'espace public se vide. La d&#233;fiance nourrit l'abandon ; l'abandon confirme la d&#233;fiance. Ce cercle n'a rien d'une fatalit&#233; culturelle. Il r&#233;sulte d'une histoire, de rapports de pouvoir, d'institutions ab&#238;m&#233;es et de promesses trop souvent trahies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'Ady Fototra trouve sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement ne cherche pas &#224; conqu&#233;rir l'&#201;tat. Il tente de (re)construire ce qui manque entre l'&#201;tat et l'individu : un espace o&#249; les citoyens agissent ensemble &#8230; Un moment o&#249; la confiance redevient une exp&#233;rience avant d'&#234;tre un discours. Reconstruire un &#171; nous &#187; n'est pas acqu&#233;rir un suppl&#233;ment d'&#226;me. C'est un acte politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La confiance par la preuve&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re force&lt;/strong&gt; d'Ady Fototra est de relier ce que les politiques publiques et l'aide au d&#233;veloppement ont tendance &#224; d&#233;couper. &#8230; L'&#233;cole d'un c&#244;t&#233;. L'environnement de l'autre. L'emploi ailleurs. Comme si une communaut&#233; vivait par secteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra proc&#232;de autrement. Dans le Sud, restaurer les sols, produire des l&#233;gumes et renforcer l'autonomie alimentaire rel&#232;vent d'un m&#234;me geste. &#192; Tamatave, une action de salubrit&#233; devient un apprentissage &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bien commun existe vraiment lorsqu'il rassemble plusieurs acteurs. C'est ainsi que commence un collectif : non par une proclamation, mais par une t&#226;che partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me force&lt;/strong&gt; : le mouvement ne pr&#233;tend pas transformer les territoires en passant au-dessus d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Androy, il compose avec les autorit&#233;s coutumi&#232;res qui conservent une l&#233;gitimit&#233;. &#192; Betafo, il sollicite les anciens. Dans plusieurs antennes, il travaille avec les structures existantes au lieu de leur substituer un mod&#232;le con&#231;u ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement &#233;choue souvent moins par manque d'id&#233;es que par d&#233;faut d'ancrage. Une solution peut &#234;tre techniquement juste et socialement inop&#233;rante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra cherche &#224; r&#233;-irriguer les formes locales de coop&#233;ration. Il ne s'agit pas d'id&#233;aliser le pass&#233;, mais de reconna&#238;tre que la transformation devient plus solide lorsqu'elle s'appuie sur des l&#233;gitimit&#233;s comprises et reconnues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me force : le b&#233;n&#233;volat.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; l'engagement est vite soup&#231;onn&#233; d'&#234;tre int&#233;ress&#233; ou instrumentalis&#233;, donner son temps n'est pas seulement une vertu morale. C'est une preuve. La confiance ne revient pas parce que quelqu'un affirme servir le peuple. Elle revient lorsqu'un comportement co&#251;te quelque chose &#224; celui qui l'adopte, &#224; savoir du temps, de l'&#233;nergie au d&#233;triment de son propre confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le b&#233;n&#233;volat ne r&#232;glera &#233;videmment pas tout. Il ne doit surtout pas devenir un mod&#232;le &#233;conomique permanent. Mais lorsqu'un collectif se constitue de cette mani&#232;re, il envoie un signal puissant : tout n'est pas &#224; vendre, tout engagement ne cache pas une rente. Cet engagement gratuit (d&#233;sint&#233;ress&#233; ?) ouvre une br&#232;che dans le mur la d&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me force : personne ne semble devoir tout commander.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les antennes gardent leurs noms, leurs priorit&#233;s, leur mani&#232;re d'agir. Le m&#234;me mouvement peut soutenir la vanille &#224; Manakara, travailler sur l'eau dans le Sud, nettoyer &#224; Tamatave ou d&#233;velopper des actions &#233;ducatives ailleurs. Cette diversit&#233; peut devenir une forme de robustesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation pyramidale concentre la vision, la d&#233;cision et la l&#233;gitimit&#233; au sommet. Elle gagne en lisibilit&#233;, mais devient vuln&#233;rable &#224; la captation. Une organisation en r&#233;seau r&#233;partit le pouvoir. Elle accepte une part de d&#233;sordre, mais rend l'appropriation locale possible. La confiance ne reste plus suspendue &#224; une personnalit&#233; centrale&#8230; elle se consolide entre des personnes qui se voient agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'intuition est juste : le pays ne se reconstruira pas depuis un centre monoc&#233;phale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me force : la diaspora n'est pas seulement sollicit&#233;e pour financer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoqu&#233;e (grossi&#232;rement et maladroitement) pour payer, elle reste &#233;videmment &#224; l'ext&#233;rieur&#8230; Invit&#233;e &#224; agir, elle apporte autre chose que de l'argent : des comp&#233;tences, des r&#233;seaux, des d&#233;bouch&#233;s, une capacit&#233; de m&#233;diation. Et elle retrouve surtout une place dans le &#171; nous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part ampielezana ne nie pas l'appartenance. Mais celle-ci s'affaiblit lorsqu'on veut ne la traduire que par des transferts financiers. Impliquer la diaspora dans l'action doit permettre de recoudre une partie de la d&#233;chirure. Le collectif national ne doit pas s'arr&#234;ter aux fronti&#232;res de l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra qui relie entre elles ces cinq forces dessine une m&#233;thode et ne se limite pas &#224; enseigner le civisme. Il cr&#233;e des situations o&#249; des personnes coop&#232;rent, se rendent utiles et d&#233;couvrent qu'elles peuvent compter les unes sur les autres&#8230; C'est ainsi que la confiance se reconstruit : par des actes r&#233;p&#233;t&#233;s, visibles et individuellement couteux en termes d'engagement personnel&#8230; On ne d&#233;cr&#232;te pas un peuple. On le tisse.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La ligne de cr&#234;te&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste une tension : il existe deux mani&#232;res de former un collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re consiste &#224; faire ensemble, puis &#224; d&#233;couvrir, dans l'action, que la coop&#233;ration est possible. Cette voie produit de l'autonomie&#8230; chacun apprend &#224; juger, d&#233;cider, prendre sa part et r&#233;pondre de ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde consiste &#224; fixer des r&#232;gles, des valeurs, des engagements, une discipline commune. Les &lt;i&gt;Didy Folo Hafatra&lt;/i&gt; rel&#232;vent de cette logique. Ils donnent un cadre et rendent l'appartenance lisible parce qu'un collectif a en effet besoin de rep&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une charte peut prot&#233;ger l'action et rappeler les exigences&#8230; de probit&#233; et de respect en particulier. Mais le cadre doit caract&#233;riser un appui, un support &#8230; Il ne peut pas et ne doit pas constituer tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confiance ne peut en effet se commander&#8230; Tout comme l'appartenance ne peut s'ordonner &#8230; On ne convainc pas durablement un citoyen que son pays lui appartient en lui demandant seulement de r&#233;citer les conditionnalit&#233;s d'une bonne conduite qu'on lui aura &#233;dict&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque serait de ramener un probl&#232;me politique (i.e la corruption, la collusion av&#233;r&#233;es et reconnues en d&#233;faillance de l'Etat) &#224; une tare individuelle exprim&#233;e en manque de confiance, de discipline, de volont&#233;&#8230; ou de &#171; bonne mentalit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption, la captation des richesses, l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services publics et la faiblesse de la justice ne rel&#232;vent pas de probl&#232;mes de d&#233;veloppement personnel de l'individu. Et on ne peut pas rendre les citoyens personnellement responsables des tares qu'ils subissent. Je sais : &#171; on a les dirigeants qu'on m&#233;rite &#187; dit l'adage&#8230; La formule, qui a tendance &#224; disculper les politiques, atteint ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La force d'Ady Fototra se situe dans l'articulation des deux niveaux : faire grandir l'individu sans absoudre le syst&#232;me &#8230; Restaurer la responsabilit&#233; personnelle sans effacer la responsabilit&#233; publique &#8230; R&#233;habiliter l'effort sans transformer l'injustice en insuffisance morale des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement des mentalit&#233;s ne pr&#233;c&#232;de pas m&#233;caniquement celui de la gouvernance. Les deux avancent ensemble. Des institutions plus justes rendent la confiance rationnelle. Des citoyens mieux organis&#233;s obligent les institutions &#224; devenir plus justes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ady Fototra semble le plus convaincant lorsqu'il fait de cette relation une pratique : des personnes agissent, cr&#233;ent du commun, mesurent ce qu'elles peuvent accomplir, puis deviennent plus exigeantes envers elles-m&#234;mes et envers le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa vocation n'est donc peut-&#234;tre pas de commander la confiance. Elle est de lui donner des raisons de revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) &#8211; 21/06/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Rafetsy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://adyfototra.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://adyfototra.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>2028 : la campagne a-t-elle d&#233;j&#224; commenc&#233; (dans les coulisses du faux) ?</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/2028-la-campagne-a-t-elle-deja-commence-dans-les-coulisses-du-faux.html</link>
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		<dc:date>2026-05-29T05:24:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L443xH295/logo_720-46-f6aff.jpg?1783751439' class='spip_logo spip_logo_right' width='443' height='295' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Ou comment la popularit&#233; num&#233;rique se fabrique-t-elle &#224; la commande ? La page de Siteny aligne 808 000 followers et 96 % d'avis favorables. Mais derri&#232;re un seul post, cinquante profils pass&#233;s syst&#233;matiquement et exhaustivement au crible r&#233;v&#232;lent une arm&#233;e de comptes flambant neufs, orn&#233;s de visages de synth&#232;se. Bienvenue dans le th&#233;&#226;tre du faux consensus, o&#249; l'on cherche d&#233;j&#224; peut-&#234;tre moins &#224; convaincre qu'&#224; dissuader. Eternelle pr&#233;f&#233;rence d'une classe politique qui, une fois encore, soigne son image au lieu d'&#233;couter ceux qu'elle pr&#233;tend servir. D&#233;cryptage d'une mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20654 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L443xH638/illustration-8-e50dc.jpg?1780030727' width='443' height='638' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y a des chiffres qui ont la rondeur tranquille de l'&#233;vidence. Voil&#224; ce qu'a offert, un matin, un post sur la page Facebook du pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale : deux nombres align&#233;s comme des m&#233;dailles. 807 000 abonn&#233;s. 97 % d'opinions favorables. Et un message limpide, qui s'en d&#233;gage tout seul : Siteny est un homme appr&#233;ci&#233;. Aim&#233; &#8230; pl&#233;biscit&#233;&#8230; port&#233;. Les 900 000 followers d&#233;j&#224; &#224; port&#233;e de main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arr&#234;ter l&#224;, hocher la t&#234;te et passer son chemin, comme nous le faisons mille fois par jour devant ces indicateurs abstraits qui ont remplac&#233; le suffrage. 800 000 followers, why not &#8230; La page Andry Rajoelina en compte 1,2M &#8230; Pour ce que &#231;a lui a servi &#8230; Quant &#224; RA8, &#224; titre indicatif, il en recense 1100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le 96 % interpelle. Quatre-vingt-seize pour cent de gens contents&#8230; d'un homme politique ? &#192; Madagascar ? En 2026 ? Dans un pays qui n'est pas sorti de l'effondrement, qui se d&#233;chire sur la rue et les treillis, sur Base Toliara, sur les amiti&#233;s russes et les financements de Duba&#239; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait mati&#232;re &#224; douter. La politique, par construction, divise, clive, agace. Un score d'unanimit&#233; sovi&#233;tique &#8212; tiens donc &#8212; ne d&#233;crit jamais une opinion. Il d&#233;crit une mise en sc&#232;ne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La descente dans la salle des machines&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne fallait pas m'interpeller&#8230; J'ai donc fait cette chose incongrue &#224; l'&#232;re du zapping : j'ai cliqu&#233;, cliqu&#233;, cliqu&#233;. Non pas sur le score &#8212; mais sur les profils cens&#233;s se presser derri&#232;re. Le post &#233;tait une &#171; &lt;strong&gt;belle b&#234;te&lt;/strong&gt; &#187; : 9 100 like, 2 000 commentaires, 259 partages. J'ai relev&#233; &#224; la main &lt;strong&gt;strictement les soixante premiers&lt;/strong&gt; commentateurs : nom, sexe, date de cr&#233;ation, nombre de followers ou d'amis, nombre de publications. Boulot de greffier &#8212; l'ennui m&#233;thodique de celui qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et se r&#233;v&#232;lent des fissures. Premi&#232;re fissure : les dates de cr&#233;ation. Une grappe enti&#232;re surgie de nulle part entre fin 2025 et d&#233;but 2026. Huit en d&#233;cembre. Onze en janvier. D'autres en f&#233;vrier, mars, avril. Une quarantaine de profils flambant neufs, peu d'abonn&#233;s, peu de publications, &#233;clos juste &#224; temps pour la f&#234;te&#8230; des taux d'adh&#233;sion qui contredisent un nombre de publications d&#233;risoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or Siteny n'est pas un nouveau-n&#233; de la vie publique : voil&#224; plus de dix ans qu'il l'arpente. Une vraie audience se s&#233;dimente par couches, par ann&#233;es. Celle-ci &#233;tait tomb&#233;e d'un coup. Comme un d&#233;cor qu'on d&#233;balle avant la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde fissure, plus d&#233;rangeante. Une tr&#232;s grande partie de ces profils arboraient des portraits de jeunes femmes&#8230; Invariablement s&#233;duisantes&#8230; Soigneusement &#171; typ&#233;es &#187; &#8230; Normal : &#231;a maximise l'acceptation des demandes d'amis et le taux de clic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que ces femmes n'existent pas : les unes sortent de banques d'images, les autres sont fabriqu&#233;es par intelligence artificielle&#8230; et sans g&#233;nie &#8212; cette anatomie qui se d&#233;robe d&#232;s qu'on insiste du regard, ces rat&#233;s que la machine laisse tra&#238;ner. Un profil masculin aussi, beau gar&#231;on de catalogue. Sur les premiers profils pass&#233;s au crible d'une recherche d'image invers&#233;e : trois sur quatre, FAUX. On n'avait pas une foule de partisans, mais un peuplement : des coquilles v&#234;tues de minois emprunt&#233;s ou r&#234;v&#233;s par un algorithme, align&#233;es pour faire nombre&#8230; faire consensus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons honn&#234;te&#8230; Tout n'&#233;tait pas faux : j'y ai aussi crois&#233; de vrais comptes, anciens, vivants, parfois critiques m&#234;me. La page m&#234;le les deux, une audience r&#233;elle et &lt;strong&gt;une amplification artificielle qui la grossit&lt;/strong&gt;. Je p&#232;se mes mots : j'&#233;tablis qu'on gonfle, je n'affirme pas qui &#171; souffle dans le ballon &#187;. Il s'agit de documenter un fait, pas une intention&#8230; et laisser &#224; d'autres le soin des proc&#232;s. Mais le fait, lui, tient debout.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'art de vaincre sans combattre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : pourquoi peupler une page d'avenants avatars avenants ? Il faut redescendre de vingt-cinq si&#232;cles, jusqu'&#224; Sun Tzu, qui consignait dans L'Art de la guerre la phrase qui &#233;claire tout : &#171; L'excellence supr&#234;me consiste &#224; soumettre l'ennemi sans combattre. &#187; Le faux consensus comme ici ne cherche pas &#224; convaincre &#8212; il cherche &#224; dissuader l'ennemi, le concurrent. Ces 807 000 abonn&#233;s, ce mur de commentaires laudateurs ne sont pas un argument : ils sont un rempart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message n'est pas &#171; voici pourquoi cet homme a raison &#187;&#8230; Le message dit : &#171; regardez comme il est d&#233;j&#224; puissant &#187;. &#192; quoi bon s'y opposer ? Vous seriez seul. Vous seriez ridicule. Rentrez chez vous. La bataille est gagn&#233;e avant d'&#234;tre livr&#233;e, sans un coup, par la seule mise en sc&#232;ne de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ressort log&#233; dans nos t&#234;tes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plus g&#234;nant, c'est que cela fonctionne &#8212; parce que la man&#339;uvre ne s'attaque pas &#224; nos opinions mais &#224; des m&#233;canismes que nous portons tous de mani&#232;re anthropologique, planqu&#233;s sous la raison. Le premier m&#233;canisme, les psychologues le nomment &#171; la preuve sociale &#187; : face &#224; l'incertitude, l'humain se tourne vers ses semblables pour d&#233;cider quoi penser. Le nombre devient boussole. &#171; Beaucoup approuvent, donc ce doit &#234;tre bon. &#187; Notre jugement, paresseux et gr&#233;gaire, d&#233;l&#232;gue &#224; la foule le soin de trancher. M&#234;me quand la foule est en carton-p&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second m&#233;canisme est plus retors : &#171; la spirale du silence &#187;. Qui se croit minoritaire se tait, par cette peur ancestrale de l'isolement, souvent plus forte que la conviction. Et chaque silence &#233;paissit l'illusion majoritaire, qui fait taire le suivant. Le faux consensus fabrique du vrai silence &#224; partir de faux applaudissements. &#192; ce stade, la machine peut s'arr&#234;ter de tourner : elle a fait son nid dans les t&#234;tes et s'entretient toute seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sociologue de r&#233;f&#233;rence, G&#233;rald Bronner&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, a donn&#233; un nom savant &#224; ce peuple de figurants : &#171; le calibrage social &#187;, cette mani&#232;re dont les r&#233;seaux faussent notre perception de qui est majoritaire. Sur le march&#233; cognitif qu'il d&#233;crit, on ne truque plus seulement l'information &#8212; on truque la popularit&#233;. Et notre cerveau, dans sa gr&#233;garit&#233; ancestrale, y mord &#224; plein neurones. C'est ainsi qu'on gagne sans combattre : non pas &#233;craser l'adversaire, mais le persuader, doucement, qu'il a d&#233;j&#224; perdu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le contre-poison &#233;tait &#224; port&#233;e de clic&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que faire, alors, devant un d&#233;cor qu'on sait enfin reconna&#238;tre ? La r&#233;ponse, ironie d&#233;licieuse, g&#238;t dans le m&#234;me vieux livre. Car le strat&#232;ge qui enseignait la ruse enseignait aussi son rem&#232;de : &#171; Connais ton ennemi et connais-toi toi-m&#234;me, tu ne seras jamais en p&#233;ril. &#187; La parade &#224; Sun Tzu, c'est de nouveau Sun Tzu : la connaissance. La v&#233;rification. Le refus obstin&#233; de prendre le compteur pour la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : la mesure comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce que j'ai fait ici n'a, je le confesse, rien d'h&#233;ro&#239;que. C'est lent, laborieux, presque sot&#8230; Cliquer. Regarder les visages. Noter des dates sur un tableur. Glisser une photo dans un moteur de recherche invers&#233;e. Voil&#224; tout l'arsenal &#8212; et c'est parce que personne ne prend ce temps que la mise en sc&#232;ne prosp&#232;re. La d&#233;mocratie num&#233;rique nous a vendu une promesse empoisonn&#233;e : le nombre comme v&#233;rit&#233;, le &#171; like &#187; comme bulletin. Mais le nombre ment aussi bien qu'il parle &#8212; d'autant mieux, d&#233;sormais, que les visages s'ach&#232;tent au kilo&#8230; et se g&#233;n&#232;rent &#224; la commande. Bien s&#251;r, beaucoup sur les r&#233;seaux sociaux se cachent derri&#232;re de faux portraits &#8230; C'est le mod&#232;le syst&#233;matique qui interroge.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20655 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://iphone.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/faux_1024.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH201/faux_1024-5afff.jpg?1780032279' width='500' height='201' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;On rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que r&#233;v&#232;le, au fond, cette petite industrie du faux applaudissement ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;pris. Tranquille, presque administratif, de l'&#233;lecteur. Fabriquer un consensus, c'est parier que personne ne v&#233;rifiera. Que les Malgaches gobent les chiffres ronds comme une rumeur de march&#233;. Bref : qu'&lt;strong&gt;on nous prend pour des imb&#233;ciles&lt;/strong&gt;. Et le calendrier donne &#224; ce m&#233;pris toute sa saveur : 2028 approche. Ce n'est probablement pas une lubie de communicant en mal de likes, mais un banc d'essai : on rode les outils, on calibre les fermes &#224; comptes, on apprend &#224; fabriquer de la ferveur. Pour le jour o&#249; il faudra fabriquer un vainqueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;Le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la seule parade qui vaille, et elle n'a rien d'h&#233;ro&#239;que : la vigilance&#8230;T&#234;tue, permanente, ennuyeuse. V&#233;rifier ne doit plus &#234;tre un r&#233;flexe de parano&#239;aque&#8230; c'est un devoir civique. Dans un espace o&#249; la popularit&#233; se truque aussi facilement qu'une photo de profil, le citoyen qui doute, qui clique, qui compte les fagots pendant que les autres admirent le feu, exerce la fonction la plus d&#233;mocratique qui soit : la contradiction. Celle qui emp&#234;che le d&#233;cor de passer pour la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie ne meurt pas seulement sous les coups de force&#8230; elle s'&#233;tiole aussi sous les consensus fabriqu&#233;s, faute de voix pour dire &#171; ces chiffres mentent &#187;. Le contre-pouvoir tient dans un geste minuscule et obstin&#233; : refuser de croire sur parole. Et le r&#233;p&#233;ter. &#192; chaque chiffre trop rond, &#224; chaque unanimit&#233; trop belle. Jusqu'aux urnes &#8212; et apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Je ne saurais trop recommander de l'excellent Bronner trois ouvrages de r&#233;f&#233;rence : &lt;i&gt;Apocalypse cognitive, La D&#233;mocratie des cr&#233;dules, &#192; l'assaut du r&#233;el&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, Justice d&#233;faillante, transition d&#233;faillante</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/Madagascar-Justice-defaillante-transition-defaillante.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://iphone.madagascar-tribune.com/Madagascar-Justice-defaillante-transition-defaillante.html</guid>
		<dc:date>2026-05-21T05:20:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans &lt;br class='autobr' /&gt;
On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L418xH279/logo-19-89596.jpg?1783753984' class='spip_logo spip_logo_right' width='418' height='279' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L418xH523/illustration-7-b78e0.jpg?1779307206' width='418' height='523' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pi&#232;ce qu'on rejoue tous les quinze ans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On la conna&#238;t pour l'avoir &#233;nonc&#233;e 100 fois cette &#233;num&#233;ration de dates : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; &#192; r&#233;p&#233;ter le m&#234;me sc&#233;nario, on aurait pu esp&#233;rer que les acteurs finissent par trouver du sens &#224; la pi&#232;ce&#8230; Eh bien non. Les acteurs sont mauvais, les sc&#233;naristes sont mauvais, le d&#233;cor s'use et tombe en ruine&#8230; et l'intrigue reste identique avec le m&#234;me d&#233;sesp&#233;rant d&#233;nouement : un r&#233;gime tombe sous la pression de la rue, une &#171; transition &#187; s'installe avec son lot de promesses de refondation, de moralisation, de r&#233;conciliation&#8230; Et puis le rideau retombe sur une distribution identique, qui reprend sans la moindre inspiration les m&#234;mes mises en sc&#232;ne, avec la m&#234;me gourmandise, et qui pr&#233;pare d&#233;j&#224; le public &#224; l'oubli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;crivais en octobre 2025&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, au lendemain du basculement, que la transition ne pouvait &#234;tre cr&#233;dible que si elle s'accompagnait d'une v&#233;ritable justice transitionnelle. Pas pour punir. Pas pour venger. Mais pour &#233;tablir la v&#233;rit&#233;, reconna&#238;tre les torts, r&#233;parer les victimes et garantir qu'on ne recommence pas. Une commission ind&#233;pendante v&#233;rit&#233; et justice. Un r&#233;cit officiel, document&#233;, des d&#233;rives. Une r&#233;forme des institutions judiciaires,p&#233;nales, carc&#233;rales et s&#233;curitaires&#8230; En bref, un nouveau sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept mois plus tard, force est de constater : &lt;strong&gt;c'est rat&#233;&lt;/strong&gt;. Comme c'&#233;tait rat&#233; en 1972, en 1991, en 2002 et en 2009. Et pour la m&#234;me raison qui revient comme un mauvais refrain : on a encore confondu &lt;strong&gt;r&#233;conciliation et oubli&lt;/strong&gt;. On a encore r&#233;int&#233;gr&#233; dans le jeu, sans reddition de comptes, les h&#233;ritiers de ceux qui avaient les mains les plus sales. Et l'&#233;lite (encore nos 72%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, infatigable, s'est encore r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e &#224; l'identique &#8212; m&#234;mes int&#233;r&#234;ts, nouveaux visages, m&#234;me app&#233;tit&#8230; M&#234;me m&#233;pris&#8230; M&#234;me cynisme&#8230; M&#234;me irresponsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La refondation introuvable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a bri&#232;vement esp&#233;r&#233; que la nouvelle Ministre de la Justice puisse apporter le changement radical promis de longue date. On y a cru : elle devait servir de caution &#224; la l&#233;gitimit&#233; du pouvoir mis en place par la rue. Elle aurait d&#251; s'atteler &#224; ce qu'une &lt;strong&gt;justice transitionnelle&lt;/strong&gt; aurait d&#251; produire, &#224; savoir d'abord &lt;strong&gt;un grand m&#233;nage structurel&lt;/strong&gt; dans la maison judiciaire &#8212; au-del&#224; des annonces de poursuites contre Ravatomanga qui, on doit le reconna&#238;tre, nous ont r&#233;jouis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par l&#224; qu'il fallait commencer. Par les fondations. Pas seulement par des coups d'&#233;clat m&#233;diatiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y avait &#8212; et il y a toujours &#8212; du travail. 915 magistrats pour 26 millions de justiciables. Moins de quatre pour 100 000 habitants. Des pr&#233;venus qui croupissent des ann&#233;es sans proc&#232;s. Une aide juridictionnelle inexistante pour ceux qui ne peuvent pas se payer un avocat ou &#171; graisser &#187; discr&#232;tement quelqu'un. Une culture punitive qui jette en prison celui qui a vol&#233; un poulet par n&#233;cessit&#233;, pendant que les vrais pr&#233;dateurs &#233;conomiques se prom&#232;nent tranquillement &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient l&#224; les chantiers de la &lt;strong&gt;refondation r&#233;elle&lt;/strong&gt;. Voil&#224; ce qu'aurait d&#251; &#234;tre l'agenda du minist&#232;re de la Justice de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de quoi, on assiste, m&#233;dus&#233;s, &#224; un glissement spectaculaire du centre de gravit&#233;. La justice ne s'occupe plus prioritairement de d&#233;sengorger les prisons, ni de r&#233;duire la d&#233;tention provisoire, ni de l'aide juridictionnelle aux plus pauvres. Elle s'occupe de &lt;strong&gt;nominations strat&#233;giques&lt;/strong&gt;, de &lt;strong&gt;dossiers politico-financiers&lt;/strong&gt; et de &lt;strong&gt;complots contre la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mai 2026 : vague de nominations sur les postes les plus sensibles &#8212; Commissaire g&#233;n&#233;ral de la loi, parquets d'Antananarivo et de Fianarantsoa, juridictions financi&#232;res. Rotation quinquennale, nous dit-on. Soit. Mais le timing, le p&#233;rim&#232;tre, et le fait que le Conseil sup&#233;rieur de la magistrature soit pr&#233;sid&#233; par le Pr&#233;sident lui-m&#234;me, avec le ministre de la Justice en vice-pr&#233;sident, rendent l'argument fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La trahison des priorit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ministre Fanirisoa Ernaivo, &#224; son cr&#233;dit, a pos&#233; des diagnostics justes &#8212; bien qu'il s'agisse de constats reconnus de longue date. Peines alternatives, travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, libert&#233; sous caution pour les infractions mineures, humanisation de la d&#233;tention. Les mots sont les bons. Les pistes sont pertinentes. Sur le &lt;strong&gt;plan doctrinal&lt;/strong&gt;, c'est &lt;strong&gt;irr&#233;prochable&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais entre le doctrinal et l'op&#233;rationnel, il y a tout un monde. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce monde-l&#224; &#8212; celui des modalit&#233;s, des calendriers, des budgets, des d&#233;crets d'application, des indicateurs de suivi &#8212; qui reste, &#224; ce jour, d&#233;sesp&#233;r&#233;ment vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que les annonces s'empilent, les mandats de d&#233;p&#244;t politiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, eux, pleuvent. Treize personnes poursuivies douteusement en avril 2026 pour &#171; tentative d'assassinat &#187;&#8230; Des militants Gen Z arr&#234;t&#233;s quelques jours plus tard pour &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;. Paul Rabary et Yves Maurice Rakotoniaina incarc&#233;r&#233;s en mai pour &#171; d&#233;stabilisation &#187; et &#171; association de malfaiteurs &#187;. Amnesty International d&#233;nonce explicitement l'usage d'&lt;strong&gt;accusations vagues&lt;/strong&gt; pour r&#233;duire au silence des opposants et des voix critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; le &lt;strong&gt;contraste insoutenable&lt;/strong&gt; qui devient le fil conducteur de cette transition : on annonce solennellement vouloir &#171; humaniser la d&#233;tention &#187;, mais on y recourt massivement pour des dossiers politiques. On promet la r&#233;duction de la d&#233;tention provisoire mais on multiplie les placements sous mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La main droite r&#233;pare ce que la main gauche aggrave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le d&#233;tenu ordinaire, lui, attend toujours son proc&#232;s dans une cellule con&#231;ue pour dix o&#249; ils sont quarante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enfer carc&#233;ral, autre insupportable angle mort de la justice de la transition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il faut le redire, encore. Les chiffres sont r&#233;voltants &#224; force d'&#234;tre r&#233;p&#233;t&#233;s sans susciter de sursaut. Taux d'occupation moyen &#224; &lt;strong&gt;277 %&lt;/strong&gt;. Plus de &lt;strong&gt;1 000 %&lt;/strong&gt; dans certains &#233;tablissements, selon le Sous-Comit&#233; de l'ONU pour la pr&#233;vention de la torture qui qualifie ces conditions de &#171; &lt;strong&gt;cruelles, inhumaines et d&#233;gradantes&lt;/strong&gt; &#187;. La prison d'Antanimora, con&#231;ue pour 900 d&#233;tenus, en accueille plus de 4 000.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La malnutrition est devenue end&#233;mique. Six d&#233;tenus morts de faim &#224; Mananjary en octobre 2024. Pas de m&#233;dicaments. Pas d'eau. Pas de s&#233;paration entre pr&#233;venus et condamn&#233;s. Pas de s&#233;paration entre mineurs et adultes. Et pour les malades psychiatriques, le summum du renoncement &#233;tatique : on les confie &#224; des structures religieuses o&#249; l'on pratique l'exorcisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le pays r&#233;el. Voil&#224; ce dont la transition a h&#233;rit&#233;. Et voil&#224; ce qu'elle ne traite pas en priorit&#233;. Et c'est aussi ici qu'elle perd toute cr&#233;dibilit&#233; dans la l&#233;gitimation de sa sinc&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le test ultime : l'or, ou la sinc&#233;rit&#233; retrouv&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il fallait un seul crit&#232;re pour juger la sinc&#233;rit&#233; de l'agenda anticorruption de la transition, ce serait celui-l&#224; : que fait-on de l'&lt;strong&gt;or&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour m&#233;moire, en 2024, le Guichet Unique d'Exportation, cens&#233; encadrer la fili&#232;re, avait enregistr&#233; &lt;strong&gt;douze kilos&lt;/strong&gt; d'or sur dix mois. Douze kilos. Quand on sait qu'&lt;strong&gt;au moins sept tonnes&lt;/strong&gt; quittent clandestinement le pays chaque ann&#233;e&#8230; Et probablement bien davantage. Soit, au cours actuel, plusieurs centaines de millions de dollars qui s'&#233;vaporent, blanchis dans l'immobilier de luxe &#224; Duba&#239;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant ce temps, le pouvoir communique fortement sur la chasse aux figures politiques de l'ancien r&#233;gime, sur les biens mal acquis, le FSM&#8230; Mais pas sur la reprise en main de la fili&#232;re aurif&#232;re. Pourtant identifi&#233;e depuis des ann&#233;es comme le foyer majeur &#8212; structurant &#8212; de la corruption malgache, avec ses sponsors hauts grad&#233;s, ses magistrats complices, ses op&#233;rateurs &#233;conomiques prot&#233;g&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, si la lutte anticorruption se contente de fixer les vaincus politiques sans d&#233;manteler les circuits &#233;conomiques structurants &#8212; or, douanes, transitaires, banques, soci&#233;t&#233;s-&#233;crans, complicit&#233;s transnationales &#8212; elle devient une arme de l&#233;gitimation du nouveau pouvoir. Pas une r&#233;forme de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qu'on doit, en honn&#234;tet&#233;, mettre dans la balance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit toutefois reconna&#238;tre qu'aucune transition n'op&#232;re dans un environnement vierge. Les contraintes existent. Elles sont r&#233;elles. Elles &lt;strong&gt;n'excusent rien&lt;/strong&gt; &#8212; mais elles &lt;strong&gt;expliquent&lt;/strong&gt; une partie des lenteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes budg&#233;taires&lt;/strong&gt; sont &#233;videntes : minist&#232;re de la Justice traditionnellement parent pauvre des arbitrages, prisons &#224; construire, magistrats &#224; recruter, tribunaux &#224; &#233;quiper&#8230; tout cela co&#251;te. Et si le support des PTFs se r&#233;duit, on n'est pas pr&#232;s de soulager le syst&#232;me satur&#233; sans r&#233;elle volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes administratives&lt;/strong&gt; ne sont pas moins &#233;videntes : on ne forme pas 500 magistrats en six mois &#8212; pour peu que le concours soit respect&#233; &#8212; et on ne rec&#226;ble pas une cha&#238;ne p&#233;nale d'un claquement de doigt. &#192; moins d'une r&#233;elle et sinc&#232;re volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;contraintes politiques&lt;/strong&gt; p&#232;sent aussi : dans le cadre d'une transition issue d'une rupture, en &#233;quilibre instable avec ses propres alli&#233;s, toucher au CSM, au statut du parquet, aux carri&#232;res des magistrats, c'est s'attaquer &#224; des corporations puissantes et &#224; des &#233;quilibres factionnels qu'on ne bouscule pas impun&#233;ment&#8230; &#192; moins d'un v&#233;ritable et sinc&#232;re courage politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &lt;strong&gt;contraintes humaines&lt;/strong&gt; ne sont pas moindres : demander &#224; une magistrature traditionnellement soumise &#224; l'ex&#233;cutif de devenir, du jour au lendemain, ind&#233;pendante et exigeante, c'est esp&#233;rer qu'un d&#233;cret fasse ce qu'aucun d&#233;cret n'a jamais fait : transformer les habitudes. Le Journal officiel n'a nulle part acquis ce super-pouvoir. &#192; moins d'une sinc&#232;re et v&#233;ritable ambition politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du choix.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est vrai. Tout cela m&#233;rite d'&#234;tre dit. MAIS&#8230; aucune de ces contraintes n'explique pourquoi on a trouv&#233; le temps, l'argent et l'&#233;nergie politique pour mener une vague de nominations strat&#233;giques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(&#233;nergie politique BOF)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en mai 2026 et pour multiplier les mandats de d&#233;p&#244;t politiques, sans trouver les m&#234;mes ressources pour publier le premier d&#233;cret d'application des peines alternatives. Les contraintes ne sont jamais qu'&#224; moiti&#233; subies : l'autre moiti&#233; rel&#232;ve du &lt;strong&gt;choix&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans pour la transition. 730 jours. Le temps file. Et nous voil&#224;, sept mois apr&#232;s la rupture, avec une justice qui se mobilise sur des complots plut&#244;t que sur ses fondamentaux&#8230; Avec des prisons qui restent de honteux mouroirs&#8230; avec une &#233;lite qui se r&#233;g&#233;n&#232;re sous d'autres costumes&#8230; et avec une fili&#232;re aurif&#232;re dont les ma&#238;tres continuent tranquillement de saigner le pays &#224; blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition sera jug&#233;e &#8212; par l'histoire et peut &#234;tre par les urnes, si elles sont sinc&#232;res &#8212; sur un crit&#232;re : sa justice aura-t-elle eu le courage de se lier elle-m&#234;me par des r&#232;gles ind&#233;pendantes opposables &#224; ses propres alli&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, on a du mal &#224; r&#233;pondre oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on attend, sinc&#232;rement, qu'ils nous prouvent le contraire. A moins qu'on ne veuille poursuivre la s&#233;rie : 1972, 1991, 2002, 2009, 2025&#8230; 2036 ?&#8230;2043 ?&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2025/10/18/les-chroniques-de-ragidro-transition-politique-a-madagascar-deux-ans-pour-restaurer-la-legitimite-par-la-justice/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/05/07/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-quand-28-dune-elite-signent-lacte-de-deces-dun-contrat-social/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://madagoravox.com/2026/04/24/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-letat-citadelle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(&#233;nergie politique BOF)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Madagascar, quand 28 % d'une &#233;lite signent l'acte de d&#233;c&#232;s d'un contrat social</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/Madagascar-quand-28-d-une-elite-signent-l-acte-de-deces-d-un-contrat-social.html</link>
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		<dc:date>2026-05-08T04:28:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo-18-3b431.jpg?1783751842' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un article du sociologue Jean Michel Wachsberger, sur la base de l'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) d&#233;velopp&#233;e sur un millier de repr&#233;sentants des &#233;lites malagasy, caract&#233;rise un chiffre qui fait mal : seuls 28 % des membres de cette &#233;lite placent l'am&#233;lioration du sort des pauvres parmi leurs priorit&#233;s politiques. Vingt-huit pour cent ! Il ne s'agit pas d'un sondage d'humeur. Il s'agit d'un relev&#233; clinique, froid, document&#233;, de ce que nos dirigeants pensent vraiment de leur peuple &#8212; quand ils n'ont pas besoin de faire semblant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&#171; 28 %, c'est la proportion de nos &#233;lites qui se souviennent encore qu'il y a des gens dehors. De mani&#232;re crue, c'est formellement constater que &lt;u&gt;72% des gens au pouvoir ne se pr&#233;occupent que de leur seul int&#233;r&#234;t&lt;/u&gt; &#187;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/image-1-3-dda95.jpg?1778214503' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un chiffre comme un miroir qu'on voudrait casser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On s'est souvent demand&#233; quelle &#233;tait cette mal&#233;diction malagasy qui veut que chaque changement de r&#233;gime ne refl&#232;te qu'un jeu de chaises musicales ou les kleptocrates &#233;ject&#233;s sont aussi rapidement remplac&#233;s par d'autres nouveaux kleptocrates. L'adage dit : le pouvoir corrompt. Mais la question demeure : pourquoi l'acc&#232;s aux hautes sph&#232;res du pouvoir semble-t-il transformer aussi rapidement un individu apparemment normal en un oligarque assum&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article de Jean-Michel Wachsberger peut nous en donner une lecture. Cet article fond&#233; sur l'enqu&#234;te Elimad&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, men&#233;e aupr&#232;s de mille membres de la haute sph&#232;re du pouvoir malgache, dresse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le constat non pas d'une &#233;tude d'opinion comme les autres mais d'une cartographie des repr&#233;sentations &lt;strong&gt;sur ce que les &#233;lites pensent de leur peuple&lt;/strong&gt;. Et sur ce qu'elles en disent quand on le leur demande. Et l&#224;, le tableau est cruellement &#233;difiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple malgache, vu d'en haut ? &#171; &lt;i&gt;Aimable mais inerte. Traditionnel mais immature. Bon mais incapable de d&#233;cider seul&lt;/i&gt;. &#187; Ces mots ne sont pas ceux d'un &#233;ditorialiste irrit&#233;. Ce sont les mots recueillis, compil&#233;s, analys&#233;s &#8230; Les mots que des hauts fonctionnaires, des hommes d'affaires, des politiciens utilisent pour d&#233;crire les quatre-vingts pour cent de leurs concitoyens qui vivent sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et hop &#8230; Que voil&#224; un joli tour de passe-passe id&#233;ologique : si le peuple est pauvre, c'est parce qu'il est &lt;i&gt;mou, conservateur, enferm&#233; dans ses coutumes d'un autre &#226;ge&lt;/i&gt;. La pauvret&#233; n'est de toutes fa&#231;ons pas un &#233;chec politique. Elle devient une fatalit&#233; anthropologique. Une sorte de mal&#233;diction convoqu&#233;e bien &#224; propos pour exon&#233;rer ceux qui gouvernent de toute responsabilit&#233; dans le d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le pouvoir d'achat moyen des Malgaches a &#233;t&#233; amput&#233; d'un tiers depuis 1960. Tandis que le reste de l'Afrique subsaharienne progresse, la Grande &#206;le recule. Cette &#171; &#233;nigme &#187; n'a pas d'explication naturelle. Mais elle a des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La peur comme moteur de la solidarit&#233; &#8212; et son absence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici convoquer un th&#233;oricien que nos dirigeants devraient lire : Abram de Swaan. Sa th&#232;se, document&#233;e dans Sous l'aile de l'Etat (1988)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, est simple et cinglante. Les &#233;lites europ&#233;ennes n'ont pas invent&#233; l'&#201;tat-providence par g&#233;n&#233;rosit&#233;. Elles l'ont fait par peur. Peur des r&#233;volutions qui d&#233;bordent les quartiers chics. Peur des foules qui, quand elles n'ont plus rien &#224; perdre, trouvent des id&#233;es dangereuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle l'&lt;strong&gt;interd&#233;pendance sociale&lt;/strong&gt; &#8230; le sentiment que mon destin est li&#233; au tien, m&#234;me si tu vis &#224; l'autre bout de la ville dans un taudis. Ce sentiment-l&#224; est le ciment invisible qui a forc&#233; les classes dominantes &#224; investir dans la sant&#233;, l'&#233;ducation, la protection sociale. Non par vertu mais &lt;strong&gt;par int&#233;r&#234;t bien compris&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, ce moteur de l'interd&#233;pendance sociale semble tr&#232;s largement gripp&#233;. Trois raisons, trois m&#233;canismes qui se renforcent mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;fihavanana&lt;/strong&gt; d'abord. Cet id&#233;al d'harmonie, de consensus, d'&#233;vitement du conflit &#8212; une valeur belle en elle-m&#234;me &#8212; se retourne contre les domin&#233;s d&#232;s lors qu'il neutralise toute pression populaire sous argument de concorde et d'harmonie. Parce qu'une &#233;lite qui ne craint pas son peuple n'a aucune raison de lui faire des concessions. Le fihavanana devient ainsi, dans certains contextes, le consentement des faibles &#224; leur propre soumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;atomisation g&#233;ographique&lt;/strong&gt; ensuite. Quatre-vingts pour cent de la population est rurale, dispers&#233;e, vivant en autarcie relative, loin des circuits &#233;conomiques formels que contr&#244;le l'&#233;lite. Pour un d&#233;cideur tananarivien, le paysan de l'Androy n'est pas un acteur politique : c'est un &#233;l&#233;ment du d&#233;cor&#8230; lointain, silencieux, non mena&#231;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;strong&gt;achat &#233;lectoral ponctuel&lt;/strong&gt; enfin. Dans un syst&#232;me o&#249; les suffrages se n&#233;gocient la veille du scrutin contre quelques billets ou un sac de riz ou quelques litres d'huile, les &#233;lites n'ont pas besoin de programmes sociaux pour gagner des &#233;lections. L'investissement &#233;lectoral est un co&#251;t de transaction &#224; assumer de mani&#232;re br&#232;ve le temps d'une campagne &#8230; Et non pas un contrat de gouvernance dont on serait redevable. Le &#171; Je vais, je tire et je reviens &#187; se traduit en &#171; Je paie, je gagne, et j'oublie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Quand une &#233;lite ne craint plus son peuple, ne le respecte pas comme &#233;lecteur, et ne le voit pas comme partenaire &#233;conomique &#8212; il ne lui reste rien pour se sentir solidaire de lui. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le Raiamandreny, ou l'art de dominer avec le sourire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;connexion ne se dit pas cr&#251;ment. Elle s'habille d'un discours paternaliste omnipr&#233;sent &#8212; celui du &lt;strong&gt;raiamandreny&lt;/strong&gt;, le p&#232;re et la m&#232;re du peuple. Les &#233;lites se repr&#233;sentent volontiers comme des figures tut&#233;laires, bienveillantes, dont la sagesse &#233;clair&#233;e doit guider des enfants qui ne sauraient d&#233;cider par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce cadre cognitif est une arme politique redoutable. En pr&#233;supposant le peuple comme &#233;ternellement immature, on s'arroge le droit de d&#233;cider &#224; sa place &#8212; sans consultation, sans reddition de comptes. La d&#233;mocratie formelle subsiste : il y a des &#233;lections, des constitutions, des assembl&#233;es. Mais elle est vid&#233;e de toute contrainte r&#233;elle sur les gouvernants. Le peuple vote. Mais son vote, qui adoube une l&#233;gitimit&#233; de fa&#231;ade du pouvoir aux yeux des partenaires internationaux, ne changent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce paternalisme n'est pas une originalit&#233; post-coloniale que d'aucuns voudraient lire. Il puise ses racines dans la monarchie merina, o&#249; le souverain prot&#232;ge, organise, nourrit symboliquement un peuple qui lui doit en retour ob&#233;issance et fid&#233;lit&#233;. La colonisation a ensuite recycl&#233; cette structure en y ajoutant son propre discours de la mission civilisatrice. L'ind&#233;pendance n'a pas tout effac&#233; : elle a simplement chang&#233; de costume le m&#234;me rapport au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'oligarchie, produit logique d'un syst&#232;me sans peur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour en revenir &#224; nos 28 %. Que font les 72 % restants ? Ils ne sont pas oisifs. L'espace politique qui n'est pas occup&#233; par la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral (et des plus faibles en particulier) est imm&#233;diatement investi par la &lt;strong&gt;comp&#233;tition pour la rente d'&#201;tat&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans projet redistributif, sans id&#233;ologie programmatique, sans ancrage dans des int&#233;r&#234;ts de classe organis&#233;s, la vie politique malgache se r&#233;duit &#224; ce qu'elle est fondamentalement : une &lt;strong&gt;querelle de factions &#233;litaires pour le contr&#244;le des ressources&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1972, 1991, 2002, 2009, 2018, 2025 &#8212; les crises se ressemblent toutes. Elles n'opposent pas des projets de soci&#233;t&#233; antagonistes. Elles opposent des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts concurrents qui mobilisent temporairement des foules pour des enjeux qui ne sont pas les leurs. &#192; chaque transition, la promesse de rupture. &#192; chaque consolidation, la m&#234;me logique de pr&#233;dation. On croit avoir affaire &#224; la m&#234;me clique &#8230; alors qu'elle a en fait &#233;t&#233; spontan&#233;ment r&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e dans un mortif&#232;re jeu de seza (chaises) musicales ;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'oligarchie kleptocratique et ploutocratique&lt;/strong&gt; n'est pas une perversion du syst&#232;me malgache. C'est son &#233;tat d'&#233;quilibre naturel &#8212; ce vers quoi toute configuration politique tend quand les contre-pouvoirs sont absents, les acteurs populaires atomis&#233;s, et les &#233;lites sans peur ni contrainte. Ce n'est pas un accident. C'est une d&#233;sesp&#233;rante destination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 % vs 72% ne mesure donc pas seulement l'indiff&#233;rence d'une &#233;lite. Il mesure le &lt;strong&gt;degr&#233; de d&#233;liquescence d'un contrat social qui n'a peut-&#234;tre jamais vraiment &#233;t&#233; conclu&lt;/strong&gt;. Un contrat o&#249; les gouvernants s'engageraient &#224; am&#233;liorer le sort des gouvern&#233;s en &#233;change de leur consentement &#224; &#234;tre gouvern&#233;s. &#192; Madagascar, ce contrat est rest&#233; lettre morte &#8212; peut &#234;tre depuis la monarchie, depuis la colonisation, depuis l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps ce constat ne devrait pas qu'&#224; moiti&#233; nous surprendre quand on sait la soci&#233;t&#233; malagasy extr&#234;mement hierarchis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;color:red&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 28 % n'est pas le chiffre d'une indiff&#233;rence ordinaire. C'est le relev&#233; d'un contrat social qui n'a de national que le nom. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;tablir l'interd&#233;pendance, ou accepter l'effondrement lent&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortir de l&#224; ne se fera pas avec une nouvelle constitution. On sait les collectionner, &#224; Madagascar, comme d'autres collectionnent les timbres&#8230; et avec autant d'effet sur la gouvernance r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il faut r&#233;tablir est d'un autre ordre : le &lt;strong&gt;sentiment que nos destins sont li&#233;s&lt;/strong&gt;. Que le dirigeant de la capitale a quelque chose &#224; perdre si le paysan de l'Androy cr&#232;ve de faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sentiment ne surgira pas par vertu. Il surgira &#8212; comme partout dans l'histoire &#8212; par pression. Par la pression d'une soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e et forte qui co&#251;tera vraiment cher d'ignorer. Par la pression d'un syst&#232;me &#233;lectoral (et des financements de campagne) o&#249; les suffrages populaires sont v&#233;ritablement dangereux &#224; contourner (autrement qu'&#224; coup de liasses d'ariary ou de sacs de sucre). Par la pression de m&#233;dias v&#233;ritablement ind&#233;pendants qui rendent visibles et contestables les repr&#233;sentations &#233;litaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que ces conditions ne sont pas r&#233;unies, &lt;strong&gt;le chiffre de 72 % d'irresponsables&lt;/strong&gt; ne bougera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la Grande &#206;le continuera sa trajectoire singuli&#232;re et cruelle : des crises qui se succ&#232;dent, des r&#233;gimes qui s'effacent, une oligarchie qui, sous des visages changeants, demeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que quelqu'un, quelque part, d&#233;cide qu'il vaut mieux craindre (et respecter) un peuple en col&#232;re que continuer &#224; le m&#233;priser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est une question que tout un chacun, qui reconnaitra faire partie de cette &#233;lite, doit se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) Mai 2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'enqu&#234;te Elimad (2012-2014) men&#233;e par Jean Michel Wachsberger, Mireille Razafindrakoto et Fran&#231;ois Roubaud de l'IRD, a interrog&#233; &lt;strong&gt;1 000 membres des &#233;lites malgaches&lt;/strong&gt; : hauts fonctionnaires, hommes d'affaires, responsables politiques, cadres des ONG et de la soci&#233;t&#233; civile, repr&#233;sentants religieux et militaires. Un &#233;chantillon d&#233;lib&#233;r&#233;ment large de &lt;strong&gt;quiconque d&#233;tient, &#224; un titre ou un autre, une capacit&#233; d'influence sur la vie publique du pays&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Wachsberger, J.-M. (2023). Le peuple des &#233;lites. Repr&#233;sentations &#233;litaires et ordre moral &#224; Madagascar. Participations, N&#176; 37. Enqu&#234;te Elimad (2012-2014) &#8212; 1 000 membres des &#233;lites malgaches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans son ouvrage de r&#233;f&#233;rence, In Care of the State (1988), le sociologue Abram de Swaan renouvelle l'analyse de la protection sociale. Contrairement aux approches qui y voient uniquement un progr&#232;s humaniste, il d&#233;montre que l'&#201;tat-providence est le r&#233;sultat d'un processus de collectivisation des risques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar, l'Etat citadelle</title>
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		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Un pouvoir qui se durcit parce qu'il tremble &lt;br class='autobr' /&gt;
On a toujours tort de croire qu'un pouvoir se durcit parce qu'il est fort. Ou qu'il est fort parce qu'il se durcit. La plupart du temps, il se durcit parce qu'il tremble. Le b&#226;ton n'est pas toujours l'instrument de la domination, il est souvent la b&#233;quille de la peur. &lt;br class='autobr' /&gt;
De fait, &#224; Madagascar, la s&#233;quence actuelle ne doit pas &#234;tre lue comme le simple visage d'un autoritarisme assum&#233; qui trahirait la promesse faite &#224; une jeunesse devenue depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-41-34a71.jpg?1783752618' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://iphone.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/etta-citadelle_900.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH375/etta-citadelle_900-f0616.jpg?1777269159' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pouvoir qui se durcit parce qu'il tremble&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a toujours tort de croire qu'un pouvoir se durcit parce qu'il est fort. Ou qu'il est fort parce qu'il se durcit. La plupart du temps, il se durcit parce qu'il tremble. Le b&#226;ton n'est pas toujours l'instrument de la domination, il est souvent la b&#233;quille de la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, &#224; Madagascar, la s&#233;quence actuelle ne doit pas &#234;tre lue comme le simple visage d'un autoritarisme assum&#233; qui trahirait la promesse faite &#224; une jeunesse devenue depuis ing&#233;rable parce que fondamentalement incomprise. La s&#233;quence doit &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme le sympt&#244;me d'une panique plus profonde : celle d'un pouvoir contraint de gouverner non seulement contre ses opposants, mais aussi et surtout contre ses propres fragilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la crise de septembre-octobre 2025, marqu&#233;e par les manifestations de la Gen Z, la chute du pouvoir et la fuite d'Andry Rajoelina, puis l'installation d'un cadre de transition militaire rebaptis&#233; &#171; refondation &#187;, on avait voulu croire &#224; un changement de sc&#232;ne. Peut-&#234;tre m&#234;me &#224; un changement de r&#233;gime. Mais en fait derri&#232;re la fa&#231;ade, on retrouve les m&#234;mes p&#233;nuries, la m&#234;me d&#233;fiance, les m&#234;mes luttes de pr&#233;s&#233;ance entre factions respectives de la junte, de la pr&#233;sidence de la refondation, de l'Assembl&#233;e et des r&#233;seaux d'int&#233;r&#234;ts qui gravitent autour.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La junte n'est pas un bloc&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les rumeurs de complot, les tentatives d'assassinat all&#233;gu&#233;es, les manifestations de jeunes r&#233;prim&#233;es ne rel&#232;vent pas d'une simple confrontation entre un bloc de pouvoir compact et une opposition ext&#233;rieure. Croire cela serait produire un premier contresens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une junte, dans l'imaginaire commode, serait un bloc : des galons, des d&#233;crets, des hommes align&#233;s derri&#232;re un projet, soud&#233;s par une m&#234;me discipline et, croit-on, une m&#234;me doctrine. Or la r&#233;alit&#233; du pouvoir, surtout en transition, est tout autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cartographie des fractures de ladite junte, entre gendarmerie et arm&#233;e, entre g&#233;n&#233;rations d'officiers, entre fid&#233;lit&#233;s r&#233;gionales, entre unit&#233;s op&#233;rationnelles et &#233;tats-majors d&#233;crirait tout sauf un bloc compact o&#249; se jouent des rivalit&#233;s concr&#232;tes&#8230; Rivalit&#233;s qui remettent en question la stabilit&#233; m&#234;me du centre de commandement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on appelle un pouvoir ressemble ici moins &#224; une photographie militaire qu'&#224; une table branlante autour de laquelle s'asseyent des officiers, des politiciens, des technocrates, des affairistes, des notables en reconversion, quelques patriotes sinc&#232;res peut-&#234;tre, beaucoup d'opportunistes s&#251;rement, et des doctrinaires de circonstance presque toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle cela un pouvoir. Mais ce n'est en fait qu'un compromis sous tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand ce compromis se fendille, on d&#233;gaine les grands mots : s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat, stabilit&#233;, ordre r&#233;publicain, menace contre la nation&#8230; Ces mots surgissent pr&#233;cis&#233;ment au moment o&#249; le pouvoir n'arrive ni &#224; produire des r&#233;sultats, ni &#224; tracer un horizon, ni &#224; offrir une respiration d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; de la trahison, la r&#233;traction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lecture purement morale a ici ses limites. Bien s&#251;r, il y a trahison des promesses. Bien s&#251;r, il y a confiscation possible de la rupture par les vieux r&#233;flexes du commandement. Mais ce qui se joue est probablement plus profond qu'une simple d&#233;ception civique m&#234;me si elle s'enracine dans une r&#233;alit&#233; sociale implacable : inflation, vie ch&#232;re, ins&#233;curit&#233; alimentaire, ch&#244;mage, pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pouvoir, qui ne distribue ni horizon ni am&#233;lioration mat&#233;rielle tangible, voit sa l&#233;gitimit&#233; se contracter. La coercition devient alors moins un choix id&#233;ologique qu'un substitut brutal &#224; l'incapacit&#233; &#233;conomique du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir n'est donc pas seulement en train de trahir ; il est en train de se r&#233;tracter. Il se resserre. Il choisit la coercition parce qu'il ne sait plus int&#233;grer. La bonne cl&#233; de lecture n'est pas seulement l'autoritarisme. Il faut y ajouter les logiques d'embouteillage au sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peter Turchin, avec sa th&#233;orie de la surproduction d'&#233;lites, nous fournit ici une grille utile (cf &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/2025/12/16/les-chroniques-de-ragidro-madagascar-lineluctable-systemique-des-crises-partie-1/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'in&#233;luctable syst&#233;mique des crises&lt;/a&gt; ) : une soci&#233;t&#233; entre dans une zone de turbulence quand le nombre d'aspirants au pouvoir augmente plus vite que le nombre de places, de rentes, de protections et de statuts &#224; distribuer. En d'autres termes : trop de pr&#233;tendants, pas assez de fauteuils (seza).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Explosent ainsi aujourd'hui les effectifs des contre-&#233;lites : les exclus du premier cercle. Cadres, fonctionnaires, politiques, militaires. Ceux qui en ont r&#234;v&#233; mais qui n'ont pas ou plus acc&#232;s au centre. Ils ne sont pas hors syst&#232;me. Ils sont le syst&#232;me devenu surnum&#233;raire. Et ils sont probablement plus nombreux, plus nerveux, et surtout plus agressifs qu'ils ne l'&#233;taient en octobre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et appara&#238;t alors le mot magique : LE complot !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le &#8220;complot&#8221; en outil de gestion de la peur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mot a un avantage extraordinaire : il transforme un d&#233;saccord en crime, une rivalit&#233; en trahison&#8230; Une f&#234;lure interne en menace nationale&#8230; Un d&#233;but de manifestation en &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'Etat &#187;. Gr&#226;ce &#224; ce mot, on n'avoue pas qu'on purge des concurrents, on &#171; sauve le pays &#187;. C'est pratique. Mais c'est surtout le signe que l'on n'est plus dans la gestion de l'&#201;tat mais dans la gestion d'une peur qui se tourne vers l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces s&#233;quences de transition, le principal danger pour le noyau dur n'est en effet pas tant l'opposition officielle que la d&#233;fection : le colonel qui doute, le r&#233;seau &#233;conomique qui finance ailleurs, le technocrate qui parle trop, l'alli&#233; d'hier qui r&#233;&#233;value ses dividendes, le compagnon de route qui d&#233;couvre qu'il n'aura ni le poste, ni la rente, ni l'h&#233;ritage politique esp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le vrai probl&#232;me : la fragmentation du pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me du pays n'est pas seulement qu'il y a un pouvoir et des opposants. Le probl&#232;me, c'est qu'il y a trop de pouvoirs inaboutis, trop de contre-&#233;lites incapables de coalition durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition malgache n'oppose donc pas un bloc militaire monolithique &#224; une opposition civique unifi&#233;e. Les rivalit&#233;s et luttes de pouvoir (pour la rente ?) au sein de la junte elle-m&#234;me &#8211; mortif&#232;res en soi parce qu'elles rajoutent &#224; l'informel &#8211; sont de plus exacerb&#233;es par la confrontation permanente &#224; l'ambition d'une pluralit&#233; de contre-&#233;lites &#8212; colonels et g&#233;n&#233;raux, pr&#233;sidents d'assembl&#233;e, entrepreneurs, figures de la Gen Z.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or un noyau dur, sans culture politique r&#233;elle, ne sait pas n&#233;gocier avec une pluralit&#233; mouvante. N&#233;gocier avec l'un, c'est f&#226;cher l'autre. R&#233;int&#233;grer un rival, c'est inqui&#233;ter les fid&#232;les. Partager la rente, c'est r&#233;duire le g&#226;teau ou approfondir la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fragmentation se devine dans les contradictions de certaines figures cens&#233;es incarner la refondation. I.e la ministre de la Justice qui brandit le lexique du complot contre des jeunes Gen Z accus&#233;s de conspirer avec un colonel&#8230; mais se retrouve en m&#234;me temps &#224; d&#233;noncer &#8211; en d&#233;pit des logiques de solidarit&#233; gouvernementale &#8211; la capture de l'&#201;tat et les d&#233;rives de projets miniers&#8230; I.e le Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e Nationale qui revendique sa propre milice sur un socle d'instructeurs russes &#8230; apr&#232;s avoir bl&#226;m&#233; la pr&#233;sence sur le territoire de militaires fran&#231;ais&#8230; Alors qu'un leader politique ne devrait pas pouvoir organiser sa propre force adoss&#233;e &#224; des soldats ou mercenaires &#233;trangers&#8230; A moins d'assumer qu'il serait moins dans la consolidation de l'&#201;tat que dans sa contestation directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit donc : on n'a pas affaire &#224; un &#201;tat souverain qui assume une ligne, mais &#224; une citadelle fractur&#233;e, o&#249; des morceaux d'appareil judiciaire et des segments militaro-priv&#233;s rivalisent, nient de l'int&#233;rieur l'&#201;tat qu'ils devraient d&#233;fendre et semblent s'adosser &#224; des parrains ext&#233;rieurs pour se neutraliser mutuellement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crainte de la jeunesse, la fatigue du peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;alit&#233; de ces luttes intestines rend d&#233;risoire l'argument de la r&#233;pression du peuple et des manifestations de la jeunesse. D'autant qu'on doit craindre aujourd'hui la fatigue politique et le d&#233;litement du mouvement de contestation citoyenne sur un fond de dissensions internes mais aussi sur un fond de lassitude. Trop de crises, trop de renversements, trop de permutations de privil&#233;gi&#233;s&#8230; A force de voir quelques t&#234;tes changer sans que les structures n'&#233;voluent, on risque de glisser vers une r&#233;signation &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, la r&#233;pression &#8211; men&#233;e de mani&#232;re chirurgicale : on n'a plus besoin d'&#233;craser les foules, il suffit d'intercepter quelques relais officiers, activistes &#8211; mise en &#339;uvre n'est de fait qu'un commode et scandaleux habillage qui veut masquer les carences, les d&#233;ficiences et les conflits internes au pouvoir. Et tenter de contr&#244;ler les d&#233;fections et les alliances endog&#232;nes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat-Citadelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Appara&#238;t donc ici la figure de l'&#201;tat-Citadelle. Non pas simplement un &#201;tat autoritaire, mais un &#201;tat qui a renonc&#233; &#224; conduire la soci&#233;t&#233; pour se concentrer sur la protection d'un centre qui se d&#233;lite de lui-m&#234;me. Dans ce cadre, l'&#201;tat ne d&#233;fend plus la maison commune &#8230; si il l'a jamais fait. Il devient la forteresse d'une faction qui pr&#233;tend parler au nom de la nation tout en s'en &#233;loignant chaque jour davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle configuration, les influences ext&#233;rieures &#8212; fran&#231;aises, russes, am&#233;ricaines ou autres &#8212; ne sont pas la cause premi&#232;re du d&#233;sordre. Mais elles en deviennent les multiplicateurs. Un pouvoir isol&#233; cherche un adossement, un protecteur, un fournisseur de technologie (drones, tanks &#8230;), ou &#171; simplement &#187; un fournisseur de l&#233;gitimit&#233;. L'exog&#232;ne sert moins &#224; gouverner le pays qu'&#224; tenir &#224; distance les rivaux int&#233;rieurs. On n'est alors plus dans une logique de souverainet&#233;, mais dans une sous-traitance de la survie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une forteresse qui fabrique son si&#232;ge&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; force de traiter toute dissidence comme une conjuration, le pouvoir transforme les ambitieux en clandestins, les critiques en suspects et les d&#233;&#231;us en ennemis. &#192; force de r&#233;tr&#233;cir le cercle de confiance, il augmente m&#233;caniquement le nombre de ceux qui esp&#232;rent sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La citadelle peut rassurer un temps le pouvoir. Mais elle accumule, pierre apr&#232;s pierre, les forces qui l'assi&#233;geront demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233; la plus cruelle de la s&#233;quence malgache actuelle est peut-&#234;tre l&#224; : il y avait promesse de rupture. Mais alors qu'on esp&#233;rait une rupture avec les vieilles pratiques, on a une nouvelle rupture entre l'&#201;tat et le pays. Et le c&#339;ur du danger n'est pas ici seulement l'autoritarisme : c'est l'approfondissement m&#233;thodique d'un divorce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous ne sommes pas face &#224; un pouvoir qui s'installe dans un projet, mais face &#224; un pouvoir qui risque de s'organiser pour durer dans sa peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 24/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Madagascar n'est pas un pays en retard, c'est un pays mal lu.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;J'ai lu cet ouvrage de Mamy Rakotondraibe avec un v&#233;ritable enthousiasme : il &#233;claire avec force et clart&#233; une question malgache essentielle. M&#234;me discutable par endroits, il m&#233;rite d'&#234;tre lu par tous ceux qui veulent penser Madagascar autrement et profond&#233;ment. &lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026 &lt;br class='autobr' /&gt;
Anatomie d'un ouvrage cl&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si le drame malgache ne venait pas seulement de la pauvret&#233;, de la corruption ou de l'instabilit&#233;, mais d'une erreur plus profonde : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L404xH269/logo-17-85846.jpg?1783753984' class='spip_logo spip_logo_right' width='404' height='269' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'ai lu cet ouvrage de Mamy Rakotondraibe avec un v&#233;ritable enthousiasme : il &#233;claire avec force et clart&#233; une question malgache essentielle. M&#234;me discutable par endroits, il m&#233;rite d'&#234;tre lu par tous ceux qui veulent penser Madagascar autrement et profond&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20508 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L404xH580/illustration-6-be782.jpg?1776663578' width='404' height='580' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Anatomie d'un ouvrage cl&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et si le drame malgache ne venait pas seulement de la pauvret&#233;, de la corruption ou de l'instabilit&#233;, mais d'une erreur plus profonde : l'obstination &#224; penser Madagascar avec des cat&#233;gories qui ne sont pas les siennes ? C'est la th&#232;se rugueuse, discutable par endroits, mais salutaire, de Providence r&#233;publicaine, ouvrage de Mamy Rakotondraibe, pr&#233;fac&#233; par Bernard Ramanantsoa : Madagascar n'a pas seulement &#233;t&#233; mal gouvern&#233;. Il a &#233;t&#233; mal compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage propose moins un manifeste qu'une lecture de fond du pays. Le livre a ses angles morts. Il est parfois trop anthropologique, trop moral, pas assez attentif aux d&#233;terminants &#233;conomiques et sociaux &#224; mon go&#251;t. Mais il a le m&#233;rite de poser enfin, avec nettet&#233;, une question que beaucoup d'entre nous pressentent sans la formuler : &#224; Madagascar, &lt;strong&gt;le divorce entre les formes de l'&#201;tat et la v&#233;rit&#233; v&#233;cue de la soci&#233;t&#233; nourrit l'informel, pousse cet informel vers la corruption, et installe une d&#233;fiance profonde envers la justice et l'autorit&#233; publique&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit : le probl&#232;me n'est pas seulement que l'&#201;tat fonctionne mal. C'est qu'il parle une langue que le pays r&#233;el ne parle pas. Le d&#233;sir d'une refondation et d'une nouvelle constitution trouve ici son origine.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un pays moins en &#233;chec que mal interpr&#233;t&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a des pays qu'on exploite. D'autres qu'on oublie. Madagascar, lui, subit depuis longtemps un sort plus subtil et peut-&#234;tre plus destructeur : il est mal interpr&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; le c&#339;ur du propos. Le texte ne demande pas d'abord pourquoi Madagascar &#233;choue. Il demande pourquoi ceux qui pr&#233;tendent le redresser s'acharnent &#224; le lire de travers. La nuance est d&#233;cisive. Un pays peut survivre longtemps &#224; ses manques. Il survit beaucoup plus mal aux contresens r&#233;p&#233;t&#233;s sur ce qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des d&#233;cennies, Madagascar est trait&#233; comme un cas &#224; ranger. On le met dans la case &#8220;Afrique&#8221;, avec les recettes administratives pr&#234;tes &#224; l'emploi, les diagnostics photocopi&#233;s et les le&#231;ons de gouvernance standardis&#233;es. Puis, quand cela ne marche pas, certains lui cherchent des racines &#8220;asiatiques&#8221;, comme si quelques h&#233;ritages austron&#233;siens suffisaient &#224; faire de l'&#238;le une sorte de petit laboratoire disciplin&#233; de l'oc&#233;an Indien. Et quand ni l'Afrique ni l'Asie ne donnent de cl&#233; satisfaisante, on ressort le kit occidental : Constitution, s&#233;paration des pouvoirs, proc&#233;dures, &#233;lections, organigrammes, moralisation du discours public. Puis l'on s'&#233;tonne encore que tout tienne en fa&#231;ade et se vide dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte a raison sur un point essentiel : Madagascar n'est ni un brouillon de l'Afrique, ni une Asie rat&#233;e, ni un Occident inachev&#233;. Il est autre chose. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment parce qu'on refuse de partir de cette &#233;vidence que l'on recommence sans cesse les m&#234;mes erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#201;tat mal ajust&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se la plus forte du livre est l&#224; : Madagascar n'est pas seulement mal administr&#233; ; il est administr&#233; sur la base d'une mauvaise anthropologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui applique des formes d'&#201;tat con&#231;ues pour des soci&#233;t&#233;s o&#249; la loi pr&#233;c&#232;de la relation, &lt;strong&gt;o&#249; le conflit structure le d&#233;bat public, o&#249; l'institution l'emporte sur le lien personnel&lt;/strong&gt;. Or la soci&#233;t&#233; malgache ne fonctionne pas spontan&#233;ment sur ce r&#233;gime. Ici, la relation pr&#233;c&#232;de souvent la r&#232;gle. La l&#233;gitimit&#233; doit &#234;tre incarn&#233;e avant d'&#234;tre proclam&#233;e. L'harmonie sociale p&#232;se plus lourd que la m&#233;canique juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, cela agacera les amateurs de simplification rapide. Ils d&#233;nonceront un culturalisme commode, une c&#233;l&#233;bration romantique de &#8220;l'exception malgache&#8221;, une mani&#232;re &#233;l&#233;gante d'excuser l'inefficacit&#233;. Ce serait rater la cible. Le texte ne dit pas que Madagascar a raison contre le reste du monde. Il dit plus simplement qu'&lt;strong&gt;aucune r&#233;forme n'a de chance de tenir si elle m&#233;prise la texture r&#233;elle de la soci&#233;t&#233; qu'elle pr&#233;tend transformer&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et sur ce point, difficile de lui donner tort.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le pays r&#233;el contre l'&#201;tat de papier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Combien de lois vot&#233;es sans prise r&#233;elle ? Combien d'institutions respect&#233;es en apparence et contourn&#233;es dans les faits ? Combien de Constitutions brandies comme des totems pendant que la vie concr&#232;te s'organise ailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic est brutal : l'&#201;tat formel et la soci&#233;t&#233; v&#233;cue ne parlent pas la m&#234;me langue. Alors l'un &#233;dicte des normes, l'autre invente des arrangements. L'un proclame, l'autre contourne. L'un affiche la r&#232;gle, l'autre cherche la m&#233;diation, l'exception, le passage lat&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela finit rang&#233; sous l'&#233;tiquette paresseuse de &#8220;crise de gouvernance&#8221;, comme si l'expression avait la moindre valeur explicative. En r&#233;alit&#233;, ce que le livre met au jour, c'est une d&#233;sarticulation plus profonde : les formes officielles subsistent, mais elles n'adh&#232;rent plus au v&#233;cu. L'&#201;tat reste l&#224;, mais comme une architecture partiellement vide. Il produit de la r&#232;gle. Le pays, lui, produit de l'usage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'informel n'est pas un accident : c'est une r&#233;ponse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un des m&#233;rites du texte est de prendre l'informel au s&#233;rieux. Non pas pour l'absoudre, mais pour le comprendre enfin autrement que comme une simple salet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'informel n'est pas seulement du d&#233;sordre. Il est une technologie de survie. Quand la r&#232;gle &#233;crite humilie, quand la proc&#233;dure expose, quand la loi tombe sans m&#233;diation humaine, la soci&#233;t&#233; fabrique des chemins de traverse. Elle n&#233;gocie. Elle arrange. Elle contourne pour ne pas casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; force, un syst&#232;me parall&#232;le s'installe. Non pas en marge, mais au c&#339;ur m&#234;me du fonctionnement social. La relation y devient plus efficace que l'institution. Et c'est ici que le texte touche juste : le probl&#232;me malgache n'est pas seulement l'absence d'&#201;tat, mais la coexistence d'un &#201;tat officiel et d'un pays r&#233;el qui se tol&#232;rent sans jamais vraiment se rejoindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On garde les formes. On vide le fond. On respecte le rituel. On d&#233;place la d&#233;cision ailleurs. La loi demeure, mais elle n'ordonne plus vraiment. Elle se n&#233;gocie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;De l'informel &#224; la corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est ici qu'il faut pousser le raisonnement jusqu'au bout. La corruption, &#224; Madagascar, n'est pas seulement une addition de turpitudes individuelles. Elle est souvent le prolongement logique d'un syst&#232;me o&#249; la r&#232;gle est floue, in&#233;galement appliqu&#233;e ou v&#233;cue comme hostile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au plus bas niveau, on &#8220;arrange&#8221; pour obtenir un papier, acc&#233;l&#233;rer une d&#233;marche, &#233;viter une sanction, d&#233;bloquer un dossier. Cela para&#238;t petit. Cela para&#238;t banal. Mais ce petit geste produit un grand effet : il installe l'id&#233;e que le droit n'est plus un cadre commun, mais une ressource n&#233;gociable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la m&#234;me logique remonte toute la cha&#238;ne&#8230; Avant de la redescendre. Ce qui se joue au guichet se rejoue au sommet. L'acc&#232;s remplace le droit. Le r&#233;seau remplace la norme. La faveur remplace l'arbitrage impartial. En bas, on paie pour survivre. En haut, on capte pour r&#233;gner. Et la contre exemplarit&#233; des d&#233;viances du Haut pardonne les d&#233;viances du Bas. &#171; Ben oui&#8230; Si les grands trichent, pourquoi ne tricherai je pas ? &#171; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La corruption g&#233;n&#233;ralis&#233;e n'est alors plus une d&#233;viance p&#233;riph&#233;rique. Elle devient un mode de r&#233;gulation diffus d'une soci&#233;t&#233; o&#249; l'institution ne parvient plus &#224; faire autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le fihavanana ou le prix du silence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autre force du texte, c'est sa lecture du &lt;i&gt;fihavanana&lt;/i&gt;. Il &#233;vite ici le folklore. Il n'en fait ni un bijou identitaire pour colloques bien-pensants, ni une essence purement morale. Il le traite comme une force r&#233;elle, mais ambivalente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;fihavanana &lt;/i&gt; prot&#232;ge. Il amortit les chocs, pr&#233;serve le lien, retarde l'explosion. Sans lui, Madagascar aurait sans doute connu des fractures plus brutales. Mais &#224; force de prot&#233;ger le lien, il peut aussi devenir couvercle. Il permet d'&#233;touffer ce qui d&#233;range, de relativiser ce qui blesse, de suspendre la v&#233;rit&#233; pour sauver l'apparence de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ici qu'arrive l'une des phrases les plus justes du texte : la paix sociale n'est pas la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, le silence est trop souvent pris pour du consentement, la patience pour de l'adh&#233;sion, la retenue pour de la docilit&#233;. C'est une erreur lourde. Ce que certains prennent pour de l'acceptation est parfois du ressentiment compost&#233;. Une soci&#233;t&#233; qui ne verbalise pas frontalement ses fractures n'est pas forc&#233;ment r&#233;concili&#233;e. Elle peut &#234;tre satur&#233;e de tensions simplement d&#233;plac&#233;es hors champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence social n'est pas la paix. C'est parfois une cocotte-minute sans sifflet.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quand la loi devient une menace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le passage sur la loi est, lui aussi, d&#233;cisif. Pourquoi la loi est-elle si souvent v&#233;cue comme une violence ? Parce qu'elle sanctionne l&#224; o&#249; beaucoup attendent d'abord r&#233;paration. Parce qu'elle s'impose sans traduction morale ni m&#233;diation humaine. Parce qu'elle est, surtout, trop souvent in&#233;gale dans ses usages : raide avec les faibles, maniable pour les puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi qui ne prot&#232;ge pas &#233;galement finit toujours par appara&#238;tre comme une arme. Et une loi per&#231;ue comme arme nourrit presque m&#233;caniquement le contournement. La d&#233;fiance envers la justice ne rel&#232;ve donc pas seulement d'une faiblesse civique. Elle proc&#232;de d'une exp&#233;rience sociale concr&#232;te : celle d'un ordre juridique qui promet l'universalit&#233; et distribue l'in&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une R&#233;publique habit&#233;e ou rien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'intervient la proposition de &#8220;Providence r&#233;publicaine&#8221;. Le terme peut para&#238;tre grandiloquent. Il a pourtant un m&#233;rite : il rompt avec le bavardage technocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est simple : Madagascar ne sera pas sauv&#233; par une r&#233;forme de plus, par une Constitution de plus, par un empilement de proc&#233;dures mieux r&#233;dig&#233;es que les pr&#233;c&#233;dentes. Il lui faut une doctrine de gouvernance enracin&#233;e dans la soci&#233;t&#233; r&#233;elle, capable de r&#233;concilier morale et institution, autorit&#233; et service, justice et harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas une R&#233;publique de papier. Une R&#233;publique habit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mirage du chronom&#232;tre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A ma conclusion, cela m&#232;ne &#224; la derni&#232;re illusion : celle du temps court. Peut-on r&#233;ellement refonder l'&#201;tat en vingt-quatre mois ? Ou ne fait-on, une fois encore, que repeindre une fa&#231;ade coloniale qui s'effrite ? Ou pense t on que se jeter dans les bras d'une nouvelle puissance nous permettra de r&#233;soudre les probl&#232;mes d'alignement entre l'Etat et les citoyens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est le pi&#232;ge pr&#233;f&#233;r&#233; des technocrates, des bailleurs mais aussi des opportunistes. On boucle un calendrier, on coche des cases, on r&#233;dige une Constitution entre deux missions internationales ou deux rencontres diplomatiques, et l'on appelle cela &#8220;refondation&#8221;. C'est exactement ainsi qu'on reproduit le divorce entre l'&#201;tat &#233;crit et le pays v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La refondation n'est pas un sprint administratif. C'est une s&#233;dimentation sociologique. Elle exige du temps, de la conflictualit&#233; assum&#233;e, de la maturation, de la traduction, de la l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai retard de Madagascar n'est peut-&#234;tre pas d'abord institutionnel. Il est interpr&#233;tatif. Depuis trop longtemps, on pr&#233;tend redresser le pays sans commencer par le lire. Or on ne refonde jamais un pays contre sa v&#233;rit&#233;. On ne le refonde que lorsqu'on accepte enfin de le regarder tel qu'il est, et non tel qu'il rassure les importateurs de mod&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/illustration_2_700-4d5b6.jpg?1776663578' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 18/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Mirage du blind&#233;</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/Le-Mirage-du-blinde.html</link>
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		<dc:date>2026-04-07T04:44:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Blind&#233;s &#224; chenilles, drones, h&#233;licopt&#232;res, fusils de pr&#233;cision, promotions en cascade de g&#233;n&#233;raux : &#224; Madagascar, la tentation militariste revient toujours sous des formes nouvelles. Pourtant, l'&#238;le n'a pas d'ennemi ext&#233;rieur cr&#233;dible. Alors &#224; quoi servent vraiment ces d&#233;monstrations de force ? &#192; d&#233;fendre la nation, ou &#224; intimider la soci&#233;t&#233; ? De Ratsiraka &#224; aujourd'hui, une m&#234;me logique semble se confirmer : l'arm&#233;e n'est pas tant pens&#233;e comme rempart de la souverainet&#233; que comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-37-e6d37.jpg?1783751319' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Blind&#233;s &#224; chenilles, drones, h&#233;licopt&#232;res, fusils de pr&#233;cision, promotions en cascade de g&#233;n&#233;raux : &#224; Madagascar, la tentation militariste revient toujours sous des formes nouvelles. Pourtant, l'&#238;le n'a pas d'ennemi ext&#233;rieur cr&#233;dible. Alors &#224; quoi servent vraiment ces d&#233;monstrations de force ? &#192; d&#233;fendre la nation, ou &#224; intimider la soci&#233;t&#233; ? De Ratsiraka &#224; aujourd'hui, une m&#234;me logique semble se confirmer : l'arm&#233;e n'est pas tant pens&#233;e comme rempart de la souverainet&#233; que comme instrument de stabilisation politique int&#233;rieure.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH333/logo_pitch-eb57e.jpg?1775537061' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, Antoine, notre chanteur aux cheveux longs et aux id&#233;es pas toujours courtes &#8211; qui, soit dit en passant, &#233;tait originaire de Tamatave &#8211; nous chantait : &#171; pourquoi, pourquoi ces canons qui nous co&#251;tent tant ? &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Deuxi&#232;me R&#233;publique de Didier Ratsiraka aux r&#233;cents fruits de la coop&#233;ration militaire entre le Madagascar de Randrianirina et la Russie, on nous offre ce spectacle de ces anachroniques mat&#233;riels militaires : pourquoi diable peut-on avoir besoin de blind&#233;s &#224; chenilles &#224; Madagascar ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste encore une fois, dans la Grande &#206;le, &#224; ce spectacle paradoxal d'une nation sans ennemis ext&#233;rieurs, mais dont les dirigeants semblent vivre dans une permanente parano&#239;a du si&#232;ge. Je parle d'assi&#232;gement militaire, et non pas de seza&#8230; Quoique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance, qui caract&#233;rise ce qu'on appelle la pr&#233;torianisation de l'&#201;tat, refl&#232;te une r&#233;currente v&#233;rit&#233; : dans la Grande &#206;le, l'arm&#233;e n'est pas l'outil de d&#233;fense de la patrie, mais le premier client du r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'arme comme d&#233;cor&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'histoire militaire malgache refl&#232;te ce go&#251;t pour le symbole militaire d'apparat, co&#251;teux et inutile. Dans les ann&#233;es 1970, l'amiral Ratsiraka dotait le pays de MiG-21 et d'autres syst&#232;mes sophistiqu&#233;s. Pour quoi faire ? Le MiG-21 &#233;tait un intercepteur de haute altitude con&#231;u pour la guerre moderne en Europe&#8230; N'y avait-il vraiment rien de plus adapt&#233; &#224; Madagascar pour surveiller les c&#244;tes ou courir apr&#232;s le Dahalo et ses z&#233;bus&#8230; ???&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une illustration de ces &#233;l&#233;phants blancs dont on est friands&#8230; Gabegies que l'on rattachera &#224; la litanie des Colis&#233;e du Rova ou autres t&#233;l&#233;ph&#233;riques de qui on sait&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait l&#224; servir de d&#233;corum &#224; une &#171; r&#233;volution &#187; qui s'essoufflait et prouver aux yeux du monde que Madagascar comptait&#8230; Un Andry Nirina avait lui aussi tent&#233; de s'affirmer dans cette diplomatie d'apparat d&#233;cal&#233;e des besoins r&#233;els du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quarante ans plus tard, le script reste identique. L'arriv&#233;e de mat&#233;riel russe &#8211; blind&#233;s &#224; chenilles, fusils de pr&#233;cision, drones de surveillance et h&#233;licopt&#232;res &#8211; sous le r&#233;gime Randrianirina ne r&#233;pond &#224; aucune urgence g&#233;opolitique. &#192; moins de vouloir d&#233;barquer les blind&#233;s sur les plages de Juan de Nova&#8230; Ce ne sont &#233;videmment ni les Comores voisines, ni les Seychelles, ni Maurice que l'on peut imaginer pr&#233;parer une invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'acquisition de mat&#233;riel russe fait plaisir &#224; certains nationalistes qui y verront une rupture avec l'ancienne puissance coloniale et une reprise en main du destin national.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le v&#233;ritable ennemi est int&#233;rieur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ennemi, pour le r&#233;gime, est encore une fois &#224; l'int&#233;rieur. Le blind&#233; n'est plus ici un outil de guerre ; c'est un accessoire de psychologie et d'intimidation interne. Il s'agit de saturer l'espace urbain, de d&#233;courager de mani&#232;re pr&#233;ventive les foules, et d'affirmer encore une fois que le pouvoir dispose seul du monopole de la violence brute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre de ces blind&#233;s de combat peut ici constituer un basculement doctrinal majeur. Ces mat&#233;riels, con&#231;us pour la guerre de haute intensit&#233;, parce que trop lourds, trop lents, n'ont aucune utilit&#233; tactique contre les Dahalo en brousse (encore eux). Et il est difficile d'imaginer qu'ils puissent &#234;tre utilis&#233;s dans un conflit de d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais leur pr&#233;sence en milieu urbain cr&#233;e un danger de massacre indiscrimin&#233;. Les images de r&#233;pression en Birmanie sont l&#224; pour nous alerter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu pour le pouvoir serait, de fait, la sid&#233;ration psychologique : transformer chaque carrefour en zone de guerre, avec des engins invuln&#233;rables aux projectiles, et &#233;touffer dans l'&#339;uf toute vell&#233;it&#233; de manifestation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Acheter la loyaut&#233;, fabriquer le silence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux p&#244;les de d&#233;monstration de force et d'exposition ind&#233;cente de mat&#233;riel &#8211; ind&#233;cente au regard des besoins r&#233;els du pays &#8211;, les parenth&#232;ses civiles ou semi-civiles de Ravalomanana et Rajoelina ont illustr&#233; une autre facette du probl&#232;me de cette gabegie militariste parano&#239;aque : la domestication des forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Ravalomanana avait cru pouvoir acheter la loyaut&#233; de l'arm&#233;e par une am&#233;lioration des soldes et une gestion &#171; manag&#233;riale &#187;. Il a &#233;chou&#233; en sous-estimant la profondeur des r&#233;seaux de corruption et d'influence au sein de la hi&#233;rarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andry Rajoelina a, lui, pouss&#233; l'art du client&#233;lisme militaire &#224; son paroxysme, en multipliant les promotions de g&#233;n&#233;raux &#224; un rythme &#171; industriel &#187; : 65 promotions en 2018, 35 en 2024. Si l'on ne dispose pas des chiffres actualis&#233;s, ils seraient aujourd'hui, a minima, quelque 150 g&#233;n&#233;raux d'active&#8230; qui devraient encadrer un corps d'arm&#233;e de 300 000 hommes, au ratio courant de 2 000 hommes par g&#233;n&#233;ral de brigade&#8230; quand on atteint le chiffre de 25 000 tous corps d'arm&#233;e confondus&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a l&#224;, &#224; Madagascar, ce que l'on appelle une arm&#233;e mexicaine : une pyramide invers&#233;e o&#249; le nombre d'officiers sup&#233;rieurs devient d&#233;mesur&#233; par rapport au nombre de soldats de rang. Est-ce parce que le drapeau du Mexique est lui aussi vert, blanc, rouge&#8230; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le TGV a ainsi transform&#233; la haute hi&#233;rarchie en caste de privil&#233;gi&#233;s. Un g&#233;n&#233;ral promu est un g&#233;n&#233;ral qui ne conteste pas ; un colonel promu est un alli&#233; qui prot&#232;ge les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques du clan au pouvoir. Strat&#233;gie hasardeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a vu : les ralliements forg&#233;s artificiellement sur ce client&#233;lisme opportun ont vite fait, d'une part, de se retourner et, d'autre part, d'ouvrir la voie &#224; des frustrations violentes chez les officiers et sous-officiers subalternes, &#233;mettant des &#171; et mon tour alors, c'est pour quand ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie de l'apaisement par le galon cr&#233;e un &#201;tat dans l'&#201;tat. L'arm&#233;e n'est plus une institution de service public, mais une corporation mutuelle dont la mission principale est d'assurer sa propre p&#233;rennit&#233;&#8230; et celle de son bienfaiteur&#8230; du moment. Il est toutefois &#224; remarquer que l'audit de la cour des comptes sur le Minist&#232;re de la D&#233;fense semble ne se pr&#233;occuper que de la conformit&#233; des proc&#233;dures de d&#233;penses sans aborder le probl&#232;me des r&#244;les, des effectifs et des retraites.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le co&#251;t social de la gabegie s&#233;curitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me si, proportionnellement, la part du budget des forces de l'ordre malgaches reste souvent en de&#231;&#224; de la moyenne des pays africains, assurer les soldes et les retraites de cette pl&#233;thorique hi&#233;rarchie militaire &#8211; ce qui est fait au d&#233;triment des &#233;quipements de la soldatesque &#8211; caract&#233;rise un volet financier dont on pourrait se passer au regard des urgences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#233;noncer l'&#233;vidence que ces fonds, utilis&#233;s sur des lignes de budget social, auraient eu plus d'impact, on admettra quand m&#234;me qu'on a toujours besoin de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'am&#233;lioration de la s&#233;curit&#233; n'a-t-elle pour seule voie que la croissance des outils de r&#233;pression ? Ou bien le progr&#232;s social n'est-il pas la voie la plus raisonnable et la plus efficace de lutte contre l'ins&#233;curit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le risque de l'&#201;tat-garnison&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De Ratsiraka &#224; Randrianirina, les pratiques montrent que le pouvoir &#224; Madagascar reste toujours une affaire de caserne masqu&#233;e par des rituels civils. Peter Turchin d&#233;crit bien, dans son mod&#232;le, que la composante militaire reste la pi&#232;ce essentielle des m&#233;canismes de changement de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend pourquoi les dirigeants successifs se pr&#233;occupent autant de bichonner les corps militaires et d'assurer la paix sociale au sein de ce corps en perp&#233;tuel d&#233;s&#233;quilibre&#8230; bichonn&#233; par l'&#233;quipement&#8230; ou bichonn&#233; par l'avancement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que ces strat&#233;gies, loin de consolider la nation, ne font probablement que la fragiliser en faisant de l'arm&#233;e une variable d'ajustement de la stabilit&#233; de l'&#201;tat, laquelle s'av&#232;rera de plus en plus difficile &#224; ma&#238;triser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que l'arm&#233;e sera per&#231;ue comme un instrument de survie politique plut&#244;t que comme un garant de la souverainet&#233; nationale, Madagascar restera prisonni&#232;re de ce cycle : des g&#233;n&#233;raux toujours plus nombreux, des chars toujours plus neufs, et un peuple toujours plus pauvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blind&#233; russe dans les rues d'Antananarivo n'est pas le signe d'une force retrouv&#233;e, mais peut &#234;tre bien l'aveu d'une faillite d&#233;mocratique profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;fi de ce r&#233;gime est de ne pas devenir un &#201;tat-garnison, o&#249; la s&#233;curit&#233; devient une fin en soi, en oubliant que la s&#233;curit&#233; et la paix durable reposent davantage sur le d&#233;veloppement que sur la capacit&#233; de r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine chantait aussi : &#171; qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? &#187; Lui, au moins, se posait la question que beaucoup de nos dirigeants devraient se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 06/04/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Herintsalama, ou le mauvais proc&#232;s fait &#224; un gouvernement de l'action</title>
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		<dc:date>2026-03-13T05:27:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le limogeage du Premier ministre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Madagascar, on aime beaucoup parler de stabilit&#233;. C'est un mot pratique : il sert dans les discours, dans les communiqu&#233;s, dans les salons diplomatiques, dans les conversations de chancellerie. Tout le monde s'en r&#233;clame. Mais, au fond, peu de gens l'acceptent vraiment d&#232;s lors qu'elle prend la forme ingrate de la m&#233;thode, de la patience, de la continuit&#233; administrative. On veut la stabilit&#233; en slogan ; on la refuse d&#232;s qu'elle devient discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le limogeage du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo a parfaitement illustr&#233; ce travers national. En pleine transition, dans un moment o&#249; l'on pr&#233;tendait justement remettre l'&#201;tat debout, l'ex&#233;cutif a choisi de casser la cha&#238;ne gouvernementale de mani&#232;re brutale. Le r&#233;sultat est saisissant : au nom de la stabilit&#233;, on a cr&#233;&#233; une nouvelle s&#233;quence d'instabilit&#233;. Au nom de la refondation, on a donn&#233; le spectacle d'un pouvoir encore travaill&#233; par les r&#233;flexes de rupture soudaine, de sanction opaque et de recomposition improvis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas qu'Herintsalama ait &#233;t&#233; critiqu&#233;. En politique, et plus encore dans un moment de crise, la critique est normale. Le probl&#232;me est qu'il a tr&#232;s vite &#233;t&#233; transform&#233; en cible commode, en coupable de synth&#232;se, en r&#233;ceptacle de frustrations multiples. On lui a fait un proc&#232;s de climat avant de faire un bilan. On a jug&#233; un homme &#224; travers sa r&#233;putation suppos&#233;e, sa sociologie, ses fr&#233;quentations r&#233;elles ou fantasm&#233;es, bien avant d'examiner s&#233;rieusement ce qu'il avait engag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car Herintsalama partait avec un handicap lourd : il n'incarnait pas la puret&#233; r&#233;volutionnaire. Son parcours, sa proximit&#233; avec les milieux &#233;conomiques, sa capacit&#233; &#224; parler aux partenaires financiers, aux bailleurs, aux institutions, tout cela le rendait imm&#233;diatement suspect aux yeux de ceux qui veulent voir dans toute comp&#233;tence install&#233;e la trace d'une compromission. Dans un pays o&#249; l'ancien pouvoir a laiss&#233; derri&#232;re lui une telle d&#233;fiance, il suffisait qu'un homme paraisse trop familier des circuits d'influence, trop connu des partenaires classiques, trop acceptable pour le &#8220;syst&#232;me&#8221;, pour que l'accusation implicite tombe : celui-l&#224; doit forc&#233;ment &#234;tre proche des corrompus d'hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que commence l'hypocrisie. Car que demandait-on au d&#233;part ? Un chef de gouvernement capable de remettre les minist&#232;res en ordre, de parler aux partenaires, de rassurer les bailleurs, de rendre le pays &#224; nouveau lisible, de stabiliser la machine publique et de transformer une victoire politique en s&#233;quence gouvernable. Autrement dit, on voulait pr&#233;cis&#233;ment un profil comme le sien. Mais une fois ce profil nomm&#233;, on s'est mis &#224; lui reprocher ce qui faisait justement son utilit&#233; potentielle : son exp&#233;rience, sa lisibilit&#233;, sa capacit&#233; d'interlocution, sa compatibilit&#233; avec les circuits classiques de coop&#233;ration et de financement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On lui demandait d'&#234;tre efficace sans avoir de pass&#233;. Cr&#233;dible sans avoir fr&#233;quent&#233; personne. Comp&#233;tent sans avoir jamais approch&#233; les centres de pouvoir. Ferme sans &#234;tre froid. Visible sans &#234;tre spectaculaire. En somme, on lui demandait l'impossible : &#234;tre un homme d'&#201;tat sans porter les stigmates d'aucune histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quand on sort du bavardage, on voit bien qu'il n'y avait pas seulement autour de lui un gouvernement de fa&#231;ade. Il y avait une logique. Une &#233;quipe de transition n'est pas l&#224; pour plaire, mais pour tenir. Elle doit g&#233;rer les urgences, remettre de la coh&#233;rence, faire tourner l'administration, produire des premiers r&#233;sultats, pr&#233;parer les r&#233;formes et tracer un chemin vers le retour &#224; un ordre institutionnel plus stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, au moins dans son principe, le sens du programme qui avait &#233;t&#233; mis en avant : r&#233;pondre &#224; l'urgence sociale et &#233;conomique, r&#233;organiser l'&#201;tat, relancer les services essentiels, am&#233;liorer la gouvernance, pr&#233;parer les &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il ne s'agissait pas d'un gouvernement de parade, mais d'un gouvernement de mission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sans doute cela qui a fait sa faiblesse politique. Les hommes d'action ont souvent un d&#233;faut fatal : ils croient que le travail parlera pour eux. Or, &#224; Madagascar comme ailleurs, le travail silencieux ne parle jamais seul. Il faut le montrer, le raconter, le sc&#233;nariser, le d&#233;fendre. Si vous ne racontez pas le chantier, vos adversaires raconteront l'&#233;chec. Si vous ne produisez pas de r&#233;cit, on produira contre vous une r&#233;putation. Si vous ne rendez pas visible l'effort, la foule ne verra que l'absence d'effets imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama semble avoir gouvern&#233; comme un homme convaincu que l'action l'emporterait sur l'image. C'&#233;tait peut-&#234;tre moralement respectable. C'&#233;tait politiquement suicidaire. Dans une transition aussi nerveuse, travers&#233;e de m&#233;fiances, de frustrations et d'ambitions concurrentes, un gouvernement tourn&#233; vers l'ex&#233;cution mais peu arm&#233; pour la bataille de perception devient une proie id&#233;ale. On peut l'accuser de tout, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il laisse aux autres le monopole de la mise en sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a d'autant plus compt&#233; que le contexte n'&#233;tait pas neutre. Une transition n'est jamais seulement un moment de redressement. C'est aussi un march&#233; politique. Chacun y avance ses pions. Les ambitieux locaux veulent leur place. Les d&#233;&#231;us de la vieille classe dirigeante cherchent &#224; revenir par d'autres portes. Les nouveaux radicaux veulent capitaliser sur la col&#232;re. Les influenceurs, les groupes d'opinion, les r&#233;seaux militants, les op&#233;rateurs &#233;conomiques, les appareils partisans en recomposition veulent tous peser sur la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans ce genre de moment, les influences exog&#232;nes ne restent jamais &#224; la porte. Madagascar, depuis le changement de pouvoir, est redevenue un terrain lisible de comp&#233;tition d'influences. Il y a les partenaires traditionnels, ceux qui veulent un pays stabilis&#233;, pr&#233;visible, r&#233;ins&#233;rable dans les circuits classiques de coop&#233;ration, de financement et de reconnaissance diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a d'autres forces, d'autres puissances, d'autres agendas, plus int&#233;ress&#233;s par une redistribution des cartes, par une ouverture de nouveaux espaces d'influence, par des repositionnements g&#233;opolitiques profitant de la fragilit&#233; du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel paysage, un Premier ministre trop lisible pour les partenaires financiers classiques peut devenir g&#234;nant. Non parce qu'il trahirait la nation, comme le disent les plus simplistes, mais parce qu'il donne forme &#224; une orientation : celle d'un pouvoir qui se normalise, se structure, se rend fr&#233;quentable, se rend solvable, se rend n&#233;gociable dans les cadres habituels. Cela peut rassurer certains. Cela peut en inqui&#233;ter d'autres. Cela peut surtout contrarier ceux qui, &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;f&#232;rent un terrain plus fluide, plus instable, plus disponible aux jeux de repositionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que le proc&#232;s fait &#224; Herintsalama devient politiquement r&#233;v&#233;lateur. On l'a attaqu&#233; comme homme suppos&#233;ment trop proche des anciens r&#233;seaux. Peut-&#234;tre, en partie. On l'a accus&#233; d'&#234;tre trop compatible avec les bailleurs et partenaires traditionnels. Sans doute. Mais ces accusations, qui ont nourri sa mauvaise r&#233;putation, disent moins sa culpabilit&#233; qu'un conflit de lignes au sein m&#234;me de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fallait-il un gouvernement de stabilisation arrim&#233; &#224; une logique de continuit&#233; administrative, de cr&#233;dibilit&#233; financi&#232;re et de lisibilit&#233; diplomatique ? Ou fallait-il au contraire une ligne plus dure, plus politique, plus mobile, plus soucieuse d'&#233;quilibres internes et d'ouvertures g&#233;opolitiques nouvelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, Herintsalama a sans doute pay&#233; cette contradiction-l&#224;. Il &#233;tait trop compromis pour les tenants d'une rupture absolue, mais trop structurant pour ceux qui avaient int&#233;r&#234;t &#224; ce que la transition demeure un espace de lutte ouverte. Trop gris pour les amateurs de puret&#233;. Trop s&#233;rieux pour les entrepreneurs d'agitation. Trop discret pour ceux qui vivent de r&#233;cit. Trop gouvernant pour ceux qui veulent d'abord se positionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'absout pas ses insuffisances. Il est probable qu'il ait sous-estim&#233; la puissance de la d&#233;fiance. Il est probable aussi qu'il n'ait pas compris assez vite qu'&#224; Madagascar, apr&#232;s une rupture de pouvoir, on ne gouverne pas seulement contre les urgences mat&#233;rielles ; on gouverne aussi contre les soup&#231;ons, contre les fant&#244;mes de l'ancien r&#233;gime, contre les impatiences d'une jeunesse qui veut voir des signes, des gestes, des ruptures visibles. Il a peut-&#234;tre cru qu'il suffisait d'&#234;tre au travail. Il aurait fallu, en plus, prouver sans cesse qu'il ne travaillait pas pour la restauration d'un monde ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut remettre les choses &#224; l'endroit : ce gouvernement n'a pas &#233;t&#233; renvers&#233; par la preuve &#233;clatante de son inaction. Il a &#233;t&#233; emport&#233; par un r&#233;cit. Le r&#233;cit d'un homme trop proche des anciens. Le r&#233;cit d'un pouvoir trop proche des partenaires classiques. Le r&#233;cit d'un ex&#233;cutif incapable de sentir la rue. En un mot : &lt;strong&gt;il a &#233;t&#233; vaincu moins par ses r&#233;sultats que par ce que les autres ont r&#233;ussi &#224; faire croire de lui.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en cela que le proc&#232;s a &#233;t&#233; mauvais. Non parce qu'Herintsalama serait un saint, ni parce que son gouvernement aurait &#233;t&#233; parfait. Mais parce qu'on l'a davantage condamn&#233; sur son pedigree que sur son &#339;uvre, sur son odeur que sur sa m&#233;thode, sur sa r&#233;putation que sur son action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Madagascar, c'est une vieille maladie : on adore les proc&#232;s de puret&#233;, on d&#233;teste les hommes qui travaillent dans le gris du r&#233;el. On veut des ruptures, des symboles, des t&#234;tes qui tombent. On aime moins les tableaux de bord, les arbitrages, les encha&#238;nements administratifs, les n&#233;gociations laborieuses et les &#233;quilibres ingrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Herintsalama aura pay&#233; ce malentendu jusqu'au bout. Son vrai tort n'&#233;tait peut-&#234;tre pas d'&#234;tre incomp&#233;tent, ni m&#234;me d'&#234;tre compromis au sens grossier du terme. Son tort &#233;tait d'incarner une stabilisation possible dans un moment o&#249; trop d'acteurs avaient int&#233;r&#234;t, pour des raisons diff&#233;rentes, &#224; emp&#234;cher qu'elle se consolide vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ceux qui l'ont pouss&#233; dehors au nom de on ne sait quoi devront un jour r&#233;pondre &#224; deux questions simples : pourquoi, &#224; Madagascar, la stabilit&#233; commence-t-elle si souvent par l'&#233;viction de ceux qui tentaient, maladroitement peut-&#234;tre, de lui donner une forme ? Quand donc apprendront ils que le pays plonge depuis 60 ans &#224; cause de ces coups d'Etat &#224; r&#233;p&#233;tition&#8230; Parce qu'on vient bien ici d'assister &#224; un nouveau coup d'Etat institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 12/03/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Je joins ici le &lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/wp-content/uploads/2026/03/temoignage-conseiller-technique_100326.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;t&#233;moignage de l'int&#233;rieur d'un conseiller technique&lt;/a&gt; que je connais irr&#233;prochable&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anatomie d'un rapprochement Poutino Malagasy</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/Anatomie-d-un-rapprochement-Poutino-Malagasy.html</link>
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		<dc:date>2026-02-24T05:35:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



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&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo-15-c7e4c.jpg?1783753984' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : Cette chronique d&#233;crypte le r&#233;cent rapprochement diplomatique entre Madagascar et la Russie. Ce virage, parfois c&#233;l&#233;br&#233; localement comme un acte de souverainet&#233; et de non-alignement, dissimule de profonds enjeux g&#233;ostrat&#233;giques. Pour une Russie sous sanctions, l'int&#233;r&#234;t est structurel. Moscou convoite le port en eaux profondes de Diego-Suarez pour projeter sa flotte, vise les minerais critiques malgaches (graphite, terres rares, uranium), et d&#233;ploie son syst&#232;me financier alternatif pour contourner la surveillance occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette diplomatie multivectorielle s'apparente &#224; un exercice p&#233;rilleux sur un champ de mines pour Antananarivo. La France, redoutant une &#171; sah&#233;lisation &#187; de la r&#233;gion, tente de maintenir son ancrage strat&#233;gique vital dans l'oc&#233;an Indien avec un pragmatisme prudent. Surtout, ce pari expose l'&#238;le &#224; une riposte s&#233;v&#232;re de Washington. En s'associant &#224; des r&#233;seaux financiers russes sanctionn&#233;s, Madagascar risque notamment l'exclusion de l'AGOA, ce qui menacerait directement plus de 100 000 emplois dans le textile. Prise entre les grandes puissances, la Grande &#206;le pourrait bien devenir le th&#233;&#226;tre d'une nouvelle guerre froide plut&#244;t que de conqu&#233;rir sa v&#233;ritable ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20278 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH500/illustration-1-2-c52e6.jpg?1771911378' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Madagascar-Russie : Le grand jeu de dupes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mois de f&#233;vrier 2026 marquera d'une pierre l'histoire diplomatique de la Grande &#206;le. Alors que le monde observe avec une fascination inqui&#232;te le jeu des grandes puissances et de leurs dirigeants dysfonctionnels, dans l'Oc&#233;an Indien le Pr&#233;sident de la Refondation de Madagascar, Michael Randrianirina, semble avoir franchi le Rubicon de la Moskova. Entre les ors du Kremlin et la r&#233;alit&#233; de ses convoitises, voici l'anatomie d'un rapprochement qui pourrait ressembler &#224; un afindrafindrao&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sur un champ de mines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouer la carte du multilat&#233;ralisme s'av&#232;re &#234;tre une option de jeu pertinente &#224; prendre quand il s'agit de n&#233;gocier/jouer/bluffer dans cette partie de poker menteur qu'est la g&#233;opolitique et la diplomatie &#233;conomique. Mais il faut prudence garder quand il s'agit de jouer avec un partenaire qui n'a pas fait plus que les autres sa r&#233;putation sur le respect de la parole donn&#233;e et sur l'altruisme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le faste de Moscou : un message cod&#233; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Michael en Russie n'a ainsi rien eu d'une visite de courtoisie ordinaire. Le Kremlin a d&#233;ploy&#233; une panoplie protocolaire habituellement r&#233;serv&#233;e habituellement aux alli&#233;s du premier cercle ou aux partenaires strat&#233;giques vitaux : avion sp&#233;cial affr&#233;t&#233;, tapis rouge, parade de la garde d'honneur et limousine blind&#233;e : chaque d&#233;tail de cet apparat voulait certainement flatter l'ego national malagasy tout en envoyant un signal fort &#224; la communaut&#233; internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En recevant le pr&#233;sident malagasy au plus haut niveau, avec Sergue&#239; Lavrov aux c&#244;t&#233;s de Vladimir Poutine, Moscou ne se contente pas de discuter de coop&#233;ration diplomatique, &#233;conomique et militaire. Moscou met en sc&#232;ne, de fa&#231;on savamment orchestr&#233;e, un vrai &#171; pied de nez &#187; &#224; Emmanuel Macron, quelques jours seulement avant la rencontre pr&#233;vue entre le pr&#233;sident fran&#231;ais et le leader de la refondation malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message veut probablement &#234;tre limpide : &#171; Tiens, essaie de faire mieux maintenant &#187;. Ce d&#233;corum illustre l'int&#233;r&#234;t croissant de la Russie pour Madagascar, qu'elle ne voit pas seulement comme une &#238;le lointaine, mais comme un verrou g&#233;ostrat&#233;gique majeur &#8230; M&#234;me si on peut imaginer le plaisir que Poutine a de mettre un &#171; petit caillou &#187; (&#224; la taille des &#238;les &#201;parses ?) dans les rangers d'une Europe qui d&#233;cid&#233;ment ne veut pas se laisser faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le nationalisme malagasy : Entre h&#233;ritage revendiqu&#233; des Menalamba et myopie politique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans certains cercles nationalistes d'Antananarivo, ce virage vers Moscou est accueilli avec une vraie jubilation. On y voit enfin la fin de la &#171; Fran&#231;afrique &#187; (m&#234;me si elle est d&#233;j&#224; bien morte) , et une r&#233;ponse aux frustrations accumul&#233;es depuis la colonisation et le n&#233;o-colonialisme fran&#231;ais. Ces cercles invoquent certainement l'esprit des Menalamba, ce mouvement de r&#233;sistance populaire qui, contrairement &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re de l'&#233;poque, avait refus&#233; de capituler face &#224; l'envahisseur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, cette lecture historique souffre d'une amn&#233;sie s&#233;lective. Si l'empire colonial fran&#231;ais a pu s'installer, c'est aussi parce qu'il avait su exploiter les calculs politiques de dirigeants locaux de l'&#233;poque, plus soucieux de leurs int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats face &#224; leurs rivaux internes que du sort de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'histoire semble b&#233;gayer. Le narratif gouvernemental actuel voudrait pr&#233;senter, quelque part &#224; raison, le rapprochement russe comme un acte de souverainet&#233; pure, une forme de &#171; non-alignement &#187; moderne qui permettrait de choisir ses partenaires librement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le danger est de confondre &#171; changement de partenaire &#187; avec &#171; ind&#233;pendance &#187;. L&#224; aussi, il ne faut pas perdre de vue que nos probl&#232;mes de d&#233;veloppement rel&#232;vent davantage de l'incurie et du cynisme de g&#233;n&#233;rations de dirigeants malagasys que des seules initiatives &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les puissances &#233;trang&#232;res, qu'elles soient russes, fran&#231;aises ou am&#233;ricaines, ne font que d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts nationaux respectifs. On doit encore et encore le redire : c'est &#224; nous, et &#224; nous seuls, de d&#233;finir et de d&#233;fendre nos enjeux. Sans esp&#233;rer que d'autres, m&#251;s par de sains desseins (saint des saints ?) g&#233;n&#233;reux et d&#233;sint&#233;ress&#233;s se chargent de d&#233;fendre NOS propres int&#233;r&#234;ts&#8230; Question d'autonomie v&#233;ritable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les enjeux et int&#233;r&#234;ts de la Russie : Le prisme de la survie strat&#233;gique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre pourquoi Vladimir accorde tant d'importance au pouvoir malagasy, il faut regarder Madagascar &#224; travers les lunettes d'une Russie sous sanctions massives. L'int&#233;r&#234;t russe est structurel, non pas seulement opportuniste et rel&#232;ve de logiques, entre autres, deprojection de sa puissance navale et de guerre des minerais critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier chef, le joyau de la couronne malagasy pour les strat&#232;ges russes est semble-t-il Diego-Suarez. Ce port en eaux profondes, l'un des meilleurs de l'ouest de l'Oc&#233;an Indien, offrirait &#224; la flotte russe une capacit&#233; de projection in&#233;dite sur les routes maritimes reliant l'Atlantique et l'Oc&#233;an Indien. Apr&#232;s avoir sign&#233; un accord similaire avec S&#227;o Tom&#233; en avril 2025, la Russie cherche &#224; dupliquer, de mani&#232;re formellement d&#233;clar&#233;e, ce mod&#232;le &#224; Madagascar pour ancrer sa pr&#233;sence dans une zone historiquement sous influence occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le sous-sol malagasy va devenir, s'il ne l'est pas d&#233;j&#224;, un champ de bataille pour la transition &#233;nerg&#233;tique mondiale. La Russie s'int&#233;resse tr&#232;s probablement en particulier au graphite dont Madagascar est l'un des leaders mondiaux, aux terres rares ainsi qu'&#224; l'uranium. L'acc&#232;s &#224; ces ressources permettrait &#224; la Russie de consolider son statut de superpuissance &#233;nerg&#233;tique en mettant la main sur ces ressources strat&#233;giques. On n'oubliera l'affaire du chrome qui caract&#233;risait aussi il y a peu l'int&#233;r&#234;t des Russes pour les ressources du sous-sol malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'ins&#233;rant dans ces fili&#232;res, Moscou s&#233;curise ses propres besoins industriels et s'offre le plaisir de &#171; spoiler &#187; les strat&#233;gies des Occidentaux qui tentent de r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, last but not least, l'or de Madagascar &#8211; dont l&#8216;extraction, souvent hors des circuits officiels, peut servir de matelas de liquidit&#233;s pour la Banque centrale russe pour contourner les sanctions financi&#232;res &#8211; est certainement au c&#339;ur de l'int&#233;r&#234;t des Poutine et autres Lavrov pour les ressources de la Grande Ile. .&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le corridor financier A7 et l'architecture d'une finance de l'ombre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de ces enjeux g&#233;ostrat&#233;giques et miniers, la venue &#224; Antananarivo de Mikhail Dorofeev, vice-pr&#233;sident d'une banque russe sous sanctions qui n'est pas un diplomate de salon mais un sp&#233;cialiste du contournement financier, n'est par ailleurs absolument pas fortuite. La Russie veut int&#233;grer Madagascar dans son syst&#232;me financier alternatif &#171; A7 &#187; qui veut cr&#233;er un nouveau corridor financier en Afrique australe pour &#233;chapper &#224; la surveillance occidentale et d&#233;finirait un m&#233;canisme financier alternatif con&#231;u pour op&#233;rer hors des radars des r&#233;seaux habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif probable est de permettre le recyclage des revenus miniers et le commerce du fuel russe via des circuits de compensation opaques&#8230; Utilisant potentiellement l'or malagasy comme valeur refuge intra&#231;able. Pour le r&#233;gime malagasy, ce syst&#232;me peut promettre des liquidit&#233;s imm&#233;diates et une autonomie apparente face aux exigences de transparence des bailleurs de fonds traditionnels. Mais en ouvrant les portes &#224; ce corridor financier, la Grande &#206;le risque de devenir une zone grise financi&#232;re, s'exposant ainsi &#224; une mise au ban d&#233;finitive par le Tr&#233;sor am&#233;ricain. Le pari est audacieux, mais le prix de la d&#233;connexion du syst&#232;me financier mondial pourrait &#234;tre l'asphyxie durable de l'&#233;conomie malagasy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'exp&#233;rience des &#171; financements parall&#232;les &#187; de la Pr&#233;sidence Zafy&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;qui r&#234;vait de s'abstraire des autorit&#233;s de Bretton Woods devrait nous rappeler que le mirage de l'argent &#171; facile &#187; s'av&#232;re des plus dangereux tant &#233;conomiquement que politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La riposte des Occidentaux : Entre pragmatisme fran&#231;ais et offensive am&#233;ricaine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette perc&#233;e russe, les partenaires traditionnels tentent de sauver ce qui peut l'&#234;tre, chacun avec sa m&#233;thode. L'inqui&#233;tude de Paris et des Europ&#233;ens face au rapprochement entre Antananarivo et Moscou est profonde et multidimensionnelle, m&#234;lant s&#233;curit&#233; strat&#233;gique et int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques vitaux. La France, malgr&#233; le choc du coup d'&#201;tat qui avait renvers&#233; Rajoelina, a opt&#233; pour un pragmatisme prudent. Paris ne peut se permettre une rupture totale. Parce que la pr&#233;sence fran&#231;aise dans l'oc&#233;an Indien rel&#232;ve d'une logique de puissance r&#233;siduelle mais structurellement vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France y d&#233;fend d'abord des int&#233;r&#234;ts g&#233;ostrat&#233;giques : La R&#233;union, Mayotte, les &#201;parses et la base de Djibouti constituent un arc de pr&#233;sence militaire qui lui permet de surveiller les routes maritimes reliant le Golfe Persique &#224; l'Europe&#8230; Environ 20% du commerce mondial y transite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madagascar repr&#233;sente ici un enjeu particulier. L'&#238;le est un verrou g&#233;ographique central du canal du Mozambique, zone qui peut s'av&#233;rer de plus en plus disput&#233;e pour sa position sur les c&#226;bles sous-marins num&#233;riques mais aussi pour ses potentielles ressources en hydrocarbures offshore. Perdre l'influence sur Tananarive, c'est ouvrir une br&#232;che dans ce dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; sah&#233;lisation &#187; &#8212; entendre la contagion du rejet fran&#231;ais coupl&#233;e &#224; l'instabilit&#233; institutionnelle &#8212; constitue le cauchemar de Paris pour la r&#233;gion. Wagner puis Africa Corps ont d&#233;montr&#233; qu'un vide d'influence se comble rapidement. La Russie, via des offres s&#233;curitaires sans conditionnalit&#233; d&#233;mocratique, s&#233;duit des &#233;lites locales fragilis&#233;es. Madagascar, dont la gouvernance reste fragile, est une cible naturelle de ce narratif souverainiste anti-fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris tient donc &#224; Madagascar pour des raisons combin&#233;es : r&#233;sidus de la Fran&#231;afrique, int&#233;r&#234;ts miniers et agricoles, mais surtout pour &#233;viter qu'un pivot malagasy vers Moscou ou P&#233;kin ne fracture d&#233;finitivement son dispositif indopacifique, dont la coh&#233;rence repose pr&#233;cis&#233;ment sur cette continuit&#233; g&#233;ographique entre La R&#233;union et les c&#244;tes est-africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Occidentaux derri&#232;re Paris, et europ&#233;ens au premier chef, peuvent redouter enfin de perdre l'acc&#232;s &#224; certains minerais critiques (graphite, terres rares, uranium) en offrant &#224; la Russie un levier de chantage industriel si elle venait &#224; contr&#244;ler ces cha&#238;nes d'approvisionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, la r&#233;action europ&#233;enne ne sera &#233;videmment pas frontale. Une forme de pragmatisme diplomatique s'assurera certainement de maintenir le dialogue pour &#233;viter une rupture totale et offrir une alternative aux &#171; offres de services &#187; russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le risque d'une mise sous conditionnalit&#233; de l'aide et du gel demeure : L'Europe pourrait geler certains programmes de coop&#233;ration ou soutiens budg&#233;taires en invoquant des clauses de transparence et de bonne gouvernance. Ou, dans des logiques de pression par les investissements, utiliser le poids de de leurs entreprises pour rappeler que le d&#233;veloppement structurel de l'&#238;le d&#233;pend encore largement des capitaux de l'Ouest &#8211; pr&#233;sent&#233;s bien plus p&#233;rennes que les promesses de fuel brad&#233; par le Kremlin &#8211; est une option que les occidentaux pourraient envisager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais face au rapprochement poutino malagasy, ce n'est peut-&#234;tre pas tant du c&#244;t&#233; de Paris qu'il faut pr&#234;ter attention que du c&#244;t&#233; de Washington qui risque de jouer une partition plus muscl&#233;e. Le d&#233;partement d'&#201;tat a multipli&#233; les rencontres avec Randrianirina pour discuter de coop&#233;ration s&#233;curitaire et d'investissements dans les min&#233;raux critiques. Le projet Base Toliara, un investissement am&#233;ricain de 700 millions de dollars dans le titane et les terres rares, est certainement au c&#339;ur de leurs pr&#233;occupations. Des figures controvers&#233;es comme Erik Prince ont m&#234;me &#233;t&#233; approch&#233;es pour offrir des services de renseignement et de protection du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que le pari de Michael Randrianirina peut s'av&#233;rer risqu&#233;. En jouant sur plusieurs tableaux, la pr&#233;sidence malagasy marche sur des &#339;ufs. Et jouer au billard de la g&#233;opolitique avec des &#339;ufs ( et non pas des boules ) n'est pas n&#233;cessairement ce qui apportera les bonnes solutions &#224; la stabilisation et au d&#233;veloppement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement avec des financiers russes sous sanctions, comme Dorofeev, pourrait d&#233;clencher des mesures de r&#233;torsion s&#233;v&#232;res de la part des &#201;tats-Unis et de leur impulsif et impr&#233;visible patron. Lequel ne regarde probablement pas d'un bon &#339;il des perspectives d'accord militaire et de d&#233;fense. Avec en menace principale la perte de nos avantages commerciaux et en particulier de l'AGOA, ce qui menacerait plus de 100 000 emplois du secteur textile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est ici : Madagascar est-elle en train de gagner son ind&#233;pendance, ou bien est-elle en train de devenir le terrain de jeu d'une guerre froide 2.0 ? Entre le tapis rouge de Moscou et les avertissements de Washington. Le tango avec un pas &#224; gauche et deux pas &#224; droite peut s'av&#233;rer pour le moins hasardeux &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 23/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'afindrafindrao est une danse traditionnelle qui se danse par paire o&#249; le couple se tient par les deux mains, et avance en se balan&#231;ant de gauche &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lorsqu'Albert Zafy arrive au pouvoir au d&#233;but de la Troisi&#232;me R&#233;publique, l'&#233;conomie malagasy est exsangue. Le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et la Banque Mondiale exigent, en &#233;change de leurs pr&#234;ts, l'application stricte de Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) (qui, entre nous soit dit, s'av&#233;raient &#234;tre une aberration) : privatisations massives (notamment des banques et des entreprises d'&#201;tat), lib&#233;ralisation &#233;conomique, et aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire. Le pr&#233;sident Zafy, anim&#233; par une vision tr&#232;s souverainiste et craignant le co&#251;t social explosif de ces mesures, refuse le diktat de Washington. Il rompt les n&#233;gociations avec le FMI. Mais l'&#201;tat a d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin de devises pour fonctionner. C'est l&#224; que na&#238;t la th&#233;orie des &#171; financements parall&#232;les &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refusant l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e par le FMI, le pr&#233;sident malagasy Albert Zafy tente de s'affranchir du syst&#232;me financier international. Il s'est tourn&#233; vers des &#171; financements parall&#232;les &#187; via d'obscurs courtiers promettant des milliards sans condition. Ce mirage s'est r&#233;v&#233;l&#233; &#234;tre une vaste escroquerie internationale visant &#224; extorquer des garanties souveraines &#224; l'&#201;tat. L'isolement diplomatique et la ruine macro&#233;conomique cons&#233;cutive (inflation record, effondrement mon&#233;taire) ont finalement conduit &#224; la destitution de Zafy en 1996 pour violation constitutionnelle des r&#232;gles budg&#233;taires. Ce fiasco historique rappelle tragiquement les dangers de l'opacit&#233; et l'illusion des partenariats miracles. Ce devrait &#234;tre une le&#231;on d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Communication d'Etat, du pr&#233;sident spectacle au pouvoir-silence</title>
		<link>https://iphone.madagascar-tribune.com/Communication-d-Etat-du-president-spectacle-au-pouvoir-silence.html</link>
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		<dc:date>2026-02-16T04:18:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lalatiana Pitchboule</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible &lt;br class='autobr' /&gt; Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://iphone.madagascar-tribune.com/-Editorial,002-.html" rel="directory"&gt;Editorial&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L450xH300/logo_720-30-452ef.jpg?1783753984' class='spip_logo spip_logo_right' width='450' height='300' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Abstract : &#192; Madagascar, la chute de Rajoelina marque le passage d'un pr&#233;sident-spectacle, obnubil&#233; par une communication bling-bling, &#224; un pouvoir de transition adepte du silence institutionnel. Si cette sobri&#233;t&#233; rompt avec les exc&#232;s du pass&#233;, elle s'av&#232;re dangereuse. Face &#224; une jeunesse connect&#233;e, l'absence de r&#233;cit laisse un vide combl&#233; par le soup&#231;on et les rumeurs de continuit&#233;. La transition doit imp&#233;rativement rendre sa rupture lisible&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20251 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://iphone.madagascar-tribune.com/IMG/jpg/communication-rajoelina.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://iphone.madagascar-tribune.com/local/cache-vignettes/L500xH273/communication-rajoelina-9ada3.jpg?1771215514' width='500' height='273' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#233;cent passage &#224; Tana m'a fait ressentir une chose inattendue : la chute de Rajoelina a largement chang&#233; l'acoustique politique. La chape de plomb sur la soci&#233;t&#233; semble s'&#234;tre effac&#233;e et la charge mentale sur les gens consid&#233;rablement all&#233;g&#233;e. Bien s&#251;r, la violence symbolique demeure, avec sa dimension tragique et &#233;mouvante. Deux villes cohabitent : l'une affair&#233;e dans sa survie sociale et sa culture de la lenteur, et l'autre avec ses deux pieds dans l'opulence et la modernit&#233;. &#201;videmment, les ph&#233;nom&#232;nes et certains acteurs corruptifs sont encore en place, et il est probable que de nouveaux profiteurs remplacent les anciens. Mais le sentiment est l&#224; : on peut croire, malgr&#233; les frustrations et les impatiences, &#224; de nouveaux possibles et &#224; de nouveaux projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition du bruit m&#233;diatique de l'ancien pouvoir rajoelinesque participe incontestablement de ce souffle d'air frais. On en a enfin fini des annonces de Miami sur Pangalanes, de l'importation de girafes, des Colis&#233;es et autres billeves&#233;es. D'un r&#233;gime qui narrait fort, vite, partout et sans rel&#226;che une ode &#224; la gloire d'un hyper-pr&#233;sident &#224; l'extr&#234;me vacuit&#233;, on est pass&#233; &#224; un pouvoir de transition qui parle peu. Ce dernier s'exprime parfois tard, comme si ses actes devaient suffire &#224; faire l&#233;gitimit&#233;. Cependant, dans un espace public hyper-r&#233;actif, le silence n'est pas neutre : c'est un vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature ayant horreur du vide, celui-ci se remplit d'un bruit qui ne rel&#232;ve pas toujours des &#233;l&#233;ments les plus avis&#233;s. La communication est une ar&#232;ne dont l'ancien r&#233;gime faisait un instrument central , tandis que la transition sembe la traiter comme accessoire. Or, l'acte sans r&#233;cit laisse le public d&#233;cider du sens, l'amenant parfois &#224; y voir de la ruse, la continuit&#233; des collusions ou la trahison de la r&#233;volution. Dans un pays o&#249; une jeunesse connect&#233;e vient de d&#233;montrer sa capacit&#233; de bascule, l'interpr&#233;tation rel&#232;ve purement du rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La vitrine permanente : gouverner par affichage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rajoelina gouvernait comme on administre une plateforme de communication : pr&#233;sence continue, images calibr&#233;es et narration en boucle. La communication politique reposait sur l'hyperpersonnalisation d'un pr&#233;sident incarnant les annonces, les chantiers et les campagnes. Elle cultivait une esth&#233;tique de la grandeur &#224; coups de superlatifs, de chiffres mirobolants et de projets symboliques. &#192; travers les canaux pr&#233;sidentiels, les m&#233;dias proches et les r&#233;seaux sociaux, elle assumait la mise en sc&#232;ne d'une modernisation factice. Le r&#233;cit pr&#233;sidentiel vendait, tant au niveau national qu'international, un Madagascar &#171; d'exception &#187;, futur hub technologique, bient&#244;t grenier de l'Oc&#233;an Indien ou vitrine de la lutte environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on observe le classement de la Grande &#206;le en termes d'attractivit&#233; des investisseurs, on se dit pourtant qu'il &#233;tait grand temps de sortir de l'inanit&#233; des discours et du bling-bling. Le co&#251;t de cette strat&#233;gie de fa&#231;ade &#233;tait d'ailleurs pr&#233;visible : la dissonance. Face aux d&#233;lestages, &#224; l'inflation et &#224; la fragilisation des services, plus l'image se voulait polie, plus l'&#233;cart avec la r&#233;alit&#233; devenait insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les ficelles d'un pouvoir qui voulait tenir le r&#233;cit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne m&#233;canique communicationnelle tenait en quelques principes s&#233;mantiques redoutables, du moins tant que le public voulait &#171; croire au film &#187;. Elle &#233;rigeait le chef en solution et sauveur absolu, multipliait les grands projets superlatifs et promettait la modernisation pour une &#171; nouvelle &#232;re &#187;, tout en d&#233;non&#231;ant syst&#233;matiquement la manipulation de &#171; forces hostiles &#187; et de l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais lorsque le public a fini par juger ces ficelles trop grosses, il a rejett&#233; moins l'histoire narr&#233;e que l'escroquerie d'un r&#233;cit violemment confront&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; de ses d&#233;lestages, p&#233;nuries, inflation et d&#233;labrement g&#233;n&#233;ralis&#233;. La Gen Z a brillamment exploit&#233; cette br&#232;che avec un contre-r&#233;cit imm&#233;diat, document&#233; et viral. D&#232;s lors, la communication bling-bling de performance s'est retourn&#233;e contre son auteur : elle a cess&#233; de convaincre pour commencer &#224; exasp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La transition : moins de spectacle, plus de brouillard&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La transition s'installe quant &#224; elle avec un ton institutionnel ax&#233; sur la Constitution, la s&#233;curit&#233;, le chronogramme, la concertation et une dur&#233;e limit&#233;e. La feuille de route est pos&#233;e comme si le calendrier suffisait &#224; faire politique. Or, un pays n'avance pas au tableur : il avance &#224; l'horizon et au sens partag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pari implicite du nouveau pouvoir semble &#234;tre que la l&#233;gitimit&#233; d&#233;coulera des actes et des r&#233;alisations &#8212; proc&#232;s, r&#233;formes, &#233;lections &#8212; bien plus que du r&#233;cit. C'est pourtant un pari extr&#234;mement risqu&#233; quand l'interpr&#233;tation pr&#233;c&#232;de l'&#233;valuation, et quand le moindre silence se transforme in&#233;vitablement en soup&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grammaire communicationnelle s'esquisse &#224; travers des logiques de rupture morale affich&#233;e : sobri&#233;t&#233; de mise en sc&#232;ne, concertation proclam&#233;e en priorit&#233;, d&#233;personnalisation relative et sobri&#233;t&#233; m&#233;diatique fuyant les images triomphalistes. Cependant, cette grammaire souffre d'une absence de vision et d'un r&#233;cit proactif, d&#233;laiss&#233;s au profit de logiques de r&#233;activit&#233; face aux critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas absence totale de communication, mais on fait face &#224; une &#171; communication de survie &#187; consistant &#224; ne pas trop promettre, ne pas trop s'exposer et &#233;viter les faux pas. Les d&#233;clarations tonitruantes de la ministre de la justice &#224; ses d&#233;buts, faute de r&#233;sultats probants, desservent ainsi d&#233;sormais la cr&#233;dibilit&#233; du pouvoir. Mais en ligne, cette prudence ressemble tr&#232;s vite &#224; de l'opacit&#233;, et l'opacit&#233; m&#232;ne tout droit &#224; la perception d'une continuit&#233;, nourrissant les soup&#231;ons de collusion et de trahison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du trop-plein au soup&#231;on : la fin du &#8220;ch&#232;que en blanc&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sous Rajoelina, la d&#233;fiance est n&#233;e par saturation face &#224; des promesses et des images sans cesse contredites par le quotidien. Les r&#233;seaux sociaux ont d'ailleurs largement document&#233; cette dissonance. Avec la transition, la nature du reproche change : on n'accuse plus l'exc&#232;s, mais le d&#233;ficit flagrant d'explication. Le public, et la Gen Z en particulier, ne veut ni de promesses, ni de silences, ni de l'injonction &#171; Minoa fotsiny &#187; (&#171; faites-nous confiance &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils exigent des garanties, des m&#233;canismes clairs et des preuves de participation pour savoir qui d&#233;cide, comment, avec quel contr&#244;le et quelle transparence. Cette jeunesse scrute les nominations, les lenteurs et les ambigu&#239;t&#233;s ; le moindre flou devient un signal d'alerte et la moindre incoh&#233;rence se transforme en capture d'&#233;cran ravageuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; civile pointe du doigt cette prudence excessive et le manque de transparence, tandis que l'opposition oscille entre un soutien conditionnel et la d&#233;nonciation d'un simple changement de fa&#231;ade. Dans cet entre-deux incertain, le pouvoir laisse d'autres acteurs &#233;crire le r&#233;cit, parfois au prix d'une radicalisation du soup&#231;on. D'autant qu'il en est qui font leur lit de ce vide de communication, &#224;, savoir les opportunistes de tous genres qui, forts de leur virginit&#233; nouvelle, tapent dans la soupe, quitte &#224; cracher dedans aussit&#244;t que possible. Ce ph&#233;nom&#232;ne est d'autant plus pernicieux que l'intelligence artificielle amplifie dramatiquement ces d&#233;rives et cette d&#233;fiance, aliment&#233;es par une pl&#233;thore de productions, de pseudo-analyses et d'influenceurs manipul&#233;s qui tissent la toile d'une r&#233;alit&#233; largement d&#233;form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La communication comme r&#233;v&#233;lateur des priorit&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comparaison des deux grammaires communicationnelles r&#233;v&#232;le une hi&#233;rarchie claire : si l'ancien r&#233;gime faisait de la communication un v&#233;ritable capital politique , la transition la traite comme une simple variable d'ajustement au service de la reconstruction institutionnelle. Ce choix rompt certes avec la performance de fa&#231;ade, mais il abandonne dangereusement le terrain symbolique &#224; l'instant m&#234;me o&#249; le symbole d&#233;cidera de la l&#233;gitimit&#233;. Apr&#232;s une chute de r&#233;gime port&#233;e par une forte mobilisation num&#233;rique, la politique n'est plus un monologue : c'est devenue une co-production. Le public n'accorde plus sa confiance par d&#233;faut ; il attend un contrat de clart&#233; absolu et punit s&#233;v&#232;rement les zones grises.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les tireurs embusqu&#233;s : l'argument de la &#8220;continuit&#233;&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans ce brouillard de communication, les adversaires trouvent un angle d'attaque simple et efficace : la &#171; continuit&#233; &#187;. Ils d&#233;noncent la continuit&#233; des r&#233;seaux, des privil&#232;ges, de l'impunit&#233;, de la corruption et de l'inaction. Comme la transition tranche rarement de mani&#232;re publique, l'accusation n'a m&#234;me pas besoin de prouver : il lui suffit de sugg&#233;rer. La rumeur prosp&#232;re ainsi sur les silences et la suspicion sur les prudences. Si hier l'exc&#232;s de parole donnait l'impression de travestir la r&#233;alit&#233;, aujourd'hui la retenue donne fortement l'impression de cacher des choses. Les partisans de l'ancien r&#233;gime peuvent alors se permettre de jouer la carte du &#171; nous, au moins, on construisait &#187;, tout en se recyclant en procureurs, dans une insupportable et cynique hypocrisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument de l'inaction est le plus politiquement rentable : la transition s'appuie sur des proc&#233;dures, un calendrier et une prudence institutionnelle, imposant un tempo tr&#232;s peu visible. D'autant que le d&#233;labrement de la machine administrative, fait de ce projet de refondation une t&#226;che digne des douze travaux d'Hercule. Et, si on veut &#234;tre r&#233;aliste, le nettoyage des &#233;curies d'Augias n'est pas pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les critiques, elles, n'ont besoin que de quelques images pour frapper : une nomination contest&#233;e, un dossier qui tra&#238;ne, une arrestation s&#233;lective, un &#171; gros poisson &#187; qui circule librement, ou une r&#233;forme annonc&#233;e sans mode d'emploi. Et la formule tombe, nette et sans appel : &#171; rupture promise, continuit&#233; organis&#233;e &#187;. Le pouvoir est face &#224; un triple pi&#232;ge : le silence, la posture d&#233;fensive ou une justice spectaculaire sans p&#233;dagogie. Chaque option nourrit une nouvelle critique, d'o&#249; l'urgence absolue de rendre la rupture lisible &#224; travers des m&#233;canismes, des dispositifs et des preuves v&#233;rifiables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Fragilit&#233; interne : les luttes au sein de la junte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aux offensives externes s'ajoute un facteur interne largement corrosif qui pompe probablement un maximum d'&#233;nergie : les luttes intestines. La junte et l'organisation de l'&#201;tat ne sont que des assemblages h&#233;t&#233;roclites. L'ennemi commun s'&#233;tant effac&#233;, les rivalit&#233;s et les ambitions font appara&#238;tre de profondes fractures, engendrant des luttes de pouvoir d'une extr&#234;me dangerosit&#233; d'autant qu'elles s'appuient sur des jeux d'alliances et d'influences &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faucons contre pragmatiques, s&#233;curitaires contre technocrates, rupturistes contre recycleurs et ambitions personnelles : m&#234;me invisibles pour le grand public, ces tensions laissent des traces &#233;videntes. Elles se traduisent par des h&#233;sitations, des nominations contradictoires, des signaux confus, un calendrier qui glisse et une lutte anticorruption rythm&#233;e par les rapports de force. Finalement, on gouverne moins par d&#233;cision que par recherche d'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fragilit&#233; a un effet m&#233;canique pervers : elle attise les surench&#232;res et les tentatives de r&#233;cup&#233;ration. Trop souvent, elle pousse &#224; compenser cette faiblesse par une nouvelle verticalit&#233; visant &#224; s&#233;curiser, contr&#244;ler et r&#233;duire le d&#233;bat, au risque de fabriquer exactement le fant&#244;me autoritaire qu'on pr&#233;tendait chasser. Le risque final est double : une paralysie &#224; force de temporisation et de colmatage, coupl&#233;e &#224; une d&#233;rive confondant le contr&#244;le avec la gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie par le haut porte un nom sobre : la coh&#233;rence. Elle doit &#234;tre interne, avec un cap et des arbitrages assum&#233;s, et externe, via un contrat public de transparence et de participation. Car en d&#233;finitive, un pouvoir qui ne raconte pas ce qu'il fait laisse in&#233;luctablement les autres raconter ce qu'il est. Et, &#224; Madagascar plus qu'ailleurs, &#171; les autres &#187; savent parfaitement faire basculer le sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Patrick Rakotomalala (Lalatiana PitchBoule) 14/02/2026&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&lt;a href=&#034;https://madagoravox.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les Chroniques de Ragidro&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;pub_gramica_inread&#034;&gt; &lt;p&gt;-----&lt;/p&gt; &lt;div id=&#034;sas_49048&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=advertising_inread&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript4530433486a58e7b1240ca1.62520188&#034; title=&#034;PHNjcmlwdCB0eXBlPSJhcHBsaWNhdGlvbi9qYXZhc2NyaXB0Ij4KICAgICAgc2FzLmNtZC5wdXNoKGZ1bmN0aW9uKCkgewogICAgICAgICBzYXMucmVuZGVyKCI0OTA0OCIpOyAgLy8gRm9ybWF0IDogUGF2ZSAyIDMwMHgyNTAKICAgICAgIH0pOwogICA8L3NjcmlwdD4=&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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