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"Pendant neuf longues années, les habitants de Mahazo ont appris à vivre avec les robinets muets.
Neuf ans à transporter des bidons, à mendier quelques litres d’eau, à survivre pendant que les grands discours politiques coulaient à flot…eux. Puis soudain, miracle républicain : en huit mois seulement, la Refondation aurait accompli l’impossible. L’eau revient. Les trompettes sonnent. Les rubans se coupent. Les appareils photo crépitent. Et la propagande nous explique, les yeux dans les yeux, que le salut est arrivé avec les nouveaux messies du pouvoir.
Quelle performance extraordinaire ! Huit mois pour résoudre un problème vieux de neuf ans… sauf qu’il y a un détail embarrassant que les communicants du régime espéraient sans doute noyer dans les eaux de Mandroseza : le projet existait déjà. Pire encore, il avait déjà été lancé sous Andry Rajoelina.
Les faits sont têtus.
Le 18 avril 2025, la première pierre du projet de rénovation de la station de production d’eau potable de Mandroseza était déjà posée. Les travaux étaient engagés. Les financements étaient actés. Les infrastructures étaient planifiées. Puis, le 15 mai 2026, le Colonel RANDRIANIRINA Michaël débarque pour inaugurer l’Unité Compacte de Traitement comme si le chantier était tombé du ciel par la grâce de la “Refondation”.
Formidable invention politique : couper le ruban d’un projet hérité et appeler cela une révolution.
À ce rythme-là, demain ils inaugureront peut-être le soleil au lever du jour. Le plus fascinant dans cette mise en scène, ce n’est même plus la récupération politique. Non. C’est l’insulte permanente à l’intelligence collective. Parce qu’il faut vraiment prendre le peuple pour une foule sans mémoire pour faire croire qu’un gouvernement arrivé il y a huit mois a conçu, financé, négocié et réalisé en un claquement de doigts une infrastructure stratégique d’approvisionnement en eau potable.
Mais dans ce pays, la communication est devenue plus importante que la vérité. On repeint les panneaux, on change les slogans, et on espère que personne ne remarquera que les acteurs restent les mêmes, les bureaux restent les mêmes, les dossiers restent les mêmes… et parfois même les signatures aussi.
Parlons-en justement de ce fameux "FANAVAOZANA".
Qui est Madame la ministre de l’Eau ?
Une nouvelle figure sortie de la société civile ?
Une technicienne indépendante appelée pour rompre avec les anciennes pratiques ? Pas du tout. L’ancienne secrétaire générale du ministère lui-même. Autrement dit, une continuité administrative parfaitement logique… que le régime ose pourtant vendre comme une rupture historique.
Le recyclage politique présenté comme une renaissance nationale : voilà le véritable génie de la Refondation."