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mardi 4 août 2026
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Le secteur financier se porte bien à Madagascar

mardi 4 août | Mandimbisoa R. |  132 visites 

Le secteur financier malgache continue de démontrer sa capacité de résistance malgré un contexte économique marqué par les conséquences des cyclones, les tensions sur les marchés internationaux et les contraintes budgétaires. C’est ce qui ressort de la dernière analyse publiée par S&P Global Ratings, selon laquelle Madagascar conserve des fondamentaux suffisamment solides pour préserver ses équilibres financiers. L’agence maintient ainsi la note souveraine du pays à « B- » avec une perspective stable, estimant que les réserves de change, le niveau de la dette publique et le soutien des partenaires internationaux demeurent des atouts majeurs.

L’analyse souligne que les réserves internationales restent à un niveau confortable, couvrant plus de six mois d’importations. La dette publique demeure, quant à elle, jugée soutenable grâce à sa structure largement constituée d’emprunts concessionnels à long terme et à une charge d’intérêt relativement faible. Cette situation permet au pays de mieux absorber les effets des chocs économiques successifs tout en conservant une certaine marge de manœuvre budgétaire.

Si la croissance économique a ralenti ces deux dernières années, les perspectives restent orientées à la hausse. Après une progression estimée à 3 % en 2025, l’économie devrait enregistrer une croissance de 3,1 % en 2026, avant d’accélérer progressivement pour atteindre 3,8 % en 2027, 4 % en 2028 et 4,2 % en 2029. Ce ralentissement est notamment attribué au recul des exportations de vanille, de nickel et de café, ainsi qu’à une baisse des investissements privés et au report de certains projets financés par les bailleurs.

Malgré ce contexte, plusieurs secteurs continuent de soutenir l’activité. L’agriculture fait preuve d’une certaine résilience, notamment grâce aux productions de riz, de maïs et de manioc. À moyen terme, la reprise devrait également être portée par le redémarrage des investissements dans les infrastructures de transport et d’énergie, la reconstruction après les cyclones ainsi que par une demande mondiale plus soutenue en nickel, stimulée par le développement de l’industrie des véhicules électriques.

La réforme du secteur minier constitue également un facteur d’optimisme. Après seize années de gel, l’État a rouvert la possibilité d’attribuer de nouveaux permis d’exploitation. Plus de 1 600 demandes devraient ainsi être réexaminées dans un nouveau cadre réglementaire destiné à renforcer la sécurité juridique des investisseurs et à relancer des projets longtemps restés en attente.

Le secteur de l’énergie demeure toutefois l’un des principaux défis pour l’économie malgache. Le pays reste fortement dépendant des importations de produits pétroliers, même si l’hydroélectricité représente déjà près de 45 % de la production nationale d’électricité. Plusieurs projets hydroélectriques, solaires et thermiques devraient toutefois permettre de plus que doubler les capacités de production au cours des prochaines années et de réduire progressivement cette dépendance énergétique.

Sur le plan extérieur, le déficit du compte courant devrait se creuser en 2026 sous l’effet de la baisse des recettes d’exportation et du poids des importations alimentaires et énergétiques. Cette situation est néanmoins atténuée par les transferts financiers de la diaspora, qui représentent environ 6 % du produit intérieur brut, ainsi que par le maintien d’importantes réserves en devises.

L’analyse met également en avant la continuité de l’engagement des partenaires techniques et financiers. Malgré le retard pris dans certaines revues du programme soutenu par le Fonds monétaire international, les perspectives demeurent favorables à une poursuite de la coopération. La Banque mondiale et les autres bailleurs continuent par ailleurs de financer plusieurs projets structurants, même si les futurs appuis resteront liés à la poursuite des réformes et au maintien de la stabilité institutionnelle.

Les finances publiques devraient connaître une dégradation temporaire avec un déficit budgétaire attendu à 4,7 % du PIB en 2026, contre 2,6 % en 2025. Cette évolution s’explique principalement par les dépenses de reconstruction après les catastrophes naturelles, les mesures de soutien aux carburants et des recettes fiscales moins dynamiques. Le déficit devrait toutefois diminuer progressivement à mesure que la croissance économique se consolidera.

Enfin, la Banque centrale est saluée pour les mesures mises en œuvre afin de préserver la stabilité de l’ariary et de contenir les tensions inflationnistes. L’inflation, estimée à 8,4 % en 2026, devrait progressivement revenir autour de 5 % d’ici 2029. Selon cette analyse, la poursuite des réformes économiques, l’amélioration du climat des affaires, le développement du secteur énergétique et la stabilité politique seront les principaux leviers permettant à Madagascar de renforcer durablement sa solidité financière et d’améliorer progressivement sa crédibilité économique sur la scène internationale.

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