Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
mercredi 30 septembre 2026
Antananarivo | 09h39
 

Economie

Economie

Financements du FMI : le verdict attendu demain pour les 3e et 4e revues des FEC et FRD

mercredi 30 septembre | Mandimbisoa R. |  37 visites 

Bonne ou mauvaise nouvelle pour Madagascar ? Le suspense reste entier. Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international se penche ce mercredi 30 septembre, à Washington, sur le dossier malgache. À la clé, le pays pourrait obtenir le déblocage d’environ 183 millions de dollars, au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Ce montant reste toutefois soumis à la décision du Conseil.

La réponse devrait être détaillée jeudi à Antananarivo. Eklou Kodjovi, représentant résident du FMI à Madagascar, doit présenter à la presse les conclusions de la réunion, avec une intervention en visioconférence de Constant Lonkeng, chef de la mission d’évaluation. Après plusieurs mois d’attente, cette rencontre permettra de savoir si Madagascar a franchi une nouvelle étape dans la poursuite de ses programmes avec l’institution.

Le rendez-vous de Washington porte notamment sur les troisième et quatrième revues combinées de la FEC et de la FRD. Ces deux mécanismes, approuvés pour Madagascar en juin 2024 pour une durée de trois ans, ne poursuivent pas exactement le même objectif. La FEC accompagne le programme économique et financier du pays, tandis que la FRD soutient des réformes destinées à renforcer la capacité de l’économie à résister notamment aux conséquences du changement climatique.

Pourquoi ces 183 millions de dollars comptent-ils ?

Pour l’économie malgache, l’enjeu dépasse l’arrivée d’une nouvelle enveloppe financière. La FEC doit contribuer à consolider les finances publiques, la stabilité monétaire et financière, la gouvernance et les réformes favorisant l’industrialisation et le développement du capital humain. Le programme doit aussi permettre de dégager davantage de ressources publiques pour les investissements et les dépenses sociales.

Cette question est particulièrement importante dans un pays où la mobilisation des recettes fiscales reste faible. Le FMI souligne que Madagascar présente un ratio de recettes fiscales rapportées au PIB particulièrement bas par rapport à d’autres pays d’Afrique subsaharienne. L’augmentation des ressources intérieures doit notamment permettre de financer davantage les infrastructures et les dépenses sociales tout en renforçant la capacité du pays à supporter sa dette.

La FRD répond à un autre défi majeur. Madagascar est fortement exposé aux cyclones, aux variations des précipitations et aux autres conséquences du changement climatique. Les réformes associées au programme portent notamment sur la prévention des catastrophes, la protection des écosystèmes, la gestion des investissements publics face aux risques climatiques et la création de conditions favorables aux investissements privés verts.

Les enjeux touchent également des secteurs très concrets de l’économie. Le FMI relie les perspectives de croissance à moyen terme aux réformes et aux programmes visant notamment l’amélioration de la productivité agricole, l’accès à l’électricité et les infrastructures routières. La situation de la Jirama constitue également un élément important en raison du poids des transferts vers le secteur énergétique sur les finances de l’État.

Le carburant parmi les points sensibles

Le dossier présenté au Conseil comprend toutefois une demande de dérogation pour le non-respect d’un critère de performance ainsi qu’une modification de certains critères. La question de l’ajustement automatique des prix des carburants constitue l’un des principaux points de discussion.

Madagascar avait choisi de plafonner les prix à la pompe dans un contexte de tensions sur les marchés énergétiques. Pour les autorités, une hausse brutale des prix risquerait d’alimenter l’inflation et les tensions sociales. Du côté du FMI, l’enjeu porte notamment sur le coût que les interventions dans le secteur énergétique peuvent faire peser sur le budget. Lors de la deuxième revue, en juillet 2025, l’institution avait déjà insisté sur l’importance du mécanisme automatique des prix des carburants et de la réforme de la Jirama pour dégager des ressources destinées aux besoins de développement.

L’économie malgache arrive par ailleurs à ce rendez-vous après plusieurs chocs. En avril, les équipes du FMI citaient notamment les conséquences du cyclone Gezani et de la guerre au Moyen-Orient, qui avaient réduit les marges de manœuvre des pouvoirs publics. Elles insistaient alors sur la mobilisation des recettes intérieures et la nécessité de préserver la crédibilité budgétaire.

183 millions de dollars, mais aussi un signal attendu La décision de Washington aura donc une portée financière immédiate si le décaissement est approuvé. Elle déterminera également la poursuite des programmes FEC et FRD et renseignera sur l’appréciation, par le Conseil du FMI, des engagements et demandes présentés dans le cadre des revues.

Le rendez-vous est d’autant plus suivi que Madagascar reste dépendant des financements extérieurs. Le FMI soulignait déjà en 2025 cette forte dépendance au soutien financier extérieur, dans un contexte marqué par d’importants besoins de développement.

-----

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}