Le colonel Michael Randrianirina a confirmé l’existence d’un projet visant à transférer vers Madagascar des migrants expulsés du sol américain. Cette déclaration a été faite à son arrivée à l’aéroport international d’Ivato, à l’issue d’un déplacement officiel à Abu Dhabi, aux Émirats arabes unis. Selon le chef de la junte malgache, ce dossier fait l’objet d’échanges entre les autorités malgaches et américaines d’où la présence des émissaires du président américain, Donald Trump dans le pays il y a quelques jours.
En juin 2025, la Cour suprême des États-Unis a rendu une décision qui autorise l’expulsion de migrants vers des pays tiers. L’administration de Donald Trump a déjà proposé à plusieurs pays africains des accords pour accueillir des migrants expulsés des États-Unis contre une enveloppe financière.
Contrairement aux rumeurs qui ont circulé ces derniers jours, il ne s’agit donc ni d’une invention ni d’une simple spéculation médiatique. Madagascar n’a pas encore donné de réponse officielle concernant cette proposition a toutefois nuancé le Colonel Randrianirina.
Les discussions, selon les déclarations présidentielles, s’inscrivent dans un cadre diplomatique encore en phase d’évaluation. Aucun accord n’a été signé à ce stade et aucune décision définitive n’a été annoncée. Le contenu précis du projet, le profil des migrants concernés, ainsi que les modalités juridiques et logistiques d’un éventuel transfert n’ont pas été rendus publics.
La confirmation présidentielle intervient dans un contexte où l’information avait déjà largement envahi les réseaux sociaux, suscitant inquiétudes, débats et interprétations parfois contradictoires. La prise de parole du chef de l’État permet ainsi de lever toute ambiguïté sur un point fondamental : le projet est réel et a été officiellement évoqué, mais il demeure soumis à l’appréciation souveraine des autorités malgaches.
Le silence observé jusqu’ici par les institutions concernées avait contribué à nourrir le doute et les accusations de désinformation. Désormais, la question ne porte plus sur l’existence du projet, mais sur la position que Madagascar adoptera face à cette demande américaine. Une décision qui pourrait avoir des implications politiques, sociales et diplomatiques majeures, dans un contexte où le président de la transition est perçu par certains observateurs comme prenant progressivement ses distances avec les puissances occidentales, tout en renforçant ses relations avec les pays de l’Est, notamment la Russie et la Chine.
Pour l’heure, aucune communication écrite n’a été publiée par la partie américaine. Les autorités malgaches, de leur côté, ne se seraient pas exprimées publiquement sur ce dossier sans la médiatisation rapide de l’affaire par les médias et les réseaux sociaux. Ce manque de transparence continue d’alimenter les interrogations, sans pour autant remettre en cause la réalité des échanges qui ont eu lieu.
En novembre 2025, le gouvernement d’Eswatini, anciennement Swaziland (Afrique australe) a confirmé avoir reçu 5,1 millions de dollars des États-Unis en échange de l’accueil d’un total, à terme, de 160 personnes jugées indésirables par l’administration américaine
En mai 2025, CBS News a signalé que les États-Unis avaient sollicité l’Angola, le Bénin, la Guinée équatoriale et la Libye pour accueillir des migrants expulsés. En juin dernier, le New York Times a révélé que l’administration Trump avait fait pression sur 58 pays, dont plusieurs en Afrique, pour qu’ils acceptent des personnes expulsées. Cette campagne diplomatique intense a ciblé des pays frappés par des interdictions de voyager, des restrictions de visa ou des droits de douane imposés par les États-Unis, ce qui fait craindre que certains dirigeants ne se conforment à ces mesures sans se soucier de savoir si elles servent ou non les intérêts de leur pays.
-----





Vos commentaires
Sur ce sujet sensible, il ne devrait aucunement y avoir de temps d’évaluation, la réponse aurait dû être ferme et sans ambiguïté dès la proposition formulée et sa présentation à la partie Malagasy, sans que les émissaires provenant des États-Unis touchent le sol du pays de Zanahary... Le NON et négatif absolu !
Pourquoi on va accueillir ici des "indesirables" venant d’ailleurs ?
Si ces gens expulsés d’un pays qualifié comme étant "la patrie de la liberté et de la démocratie", comment ces gens pourraient-ils vivre et survivre dans un pays pauvre et politiquement instable ?
Et comment se fait il que le régime transitoire et intérimaire, donc non-élu, se donne unilatéralement et de façon discrétionnaire, le droit et privilège de prendre la décision sur ce sujet très sensible ?
Comment se fait il qu’un pays qui n’a pas la volonté et le courage sur le plan politique de mener une vraie réforme agraire au profit de sa population, en grande majorité pauvre et rurale, se permettra d’accueillir sur son sol des migrants indésirables ailleurs, de différentes nationalités de surcroît, et encore dans un pays où plus de 90 % de sa population ne dispose pas de sécurité sociale ?
Répondre