Facebook Twitter Google+ Les dernières actualités
vendredi 16 octobre 2026
Antananarivo | 17h04
 

Météorologie

Météorologie

El Niño : Madagascar se prépare à une saison de sécheresse et d’inondations

vendredi 16 octobre | Mandimbisoa R. |  460 visites  | 2 commentaires 

Madagascar pourrait connaître une saison des pluies particulièrement difficile, avec deux menaces climatiques successives : un manque de précipitations accompagné de fortes chaleurs, puis des épisodes pluvieux susceptibles de provoquer d’importantes inondations. Devant cette perspective, les autorités malgaches préparent un dispositif national associant plusieurs ministères et organismes chargés de la gestion des catastrophes.

Le sujet a été abordé par le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, lors des Assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, organisées à Bangkok jusqu’au 18 octobre.

Les projections de la direction générale de la Météorologie font état d’un possible épisode El Niño d’une intensité exceptionnelle. Entre octobre 2026 et janvier 2027, une grande partie du territoire pourrait enregistrer des précipitations insuffisantes. Les régions du Sud, de l’Ouest et des Hautes Terres figurent parmi les zones exposées. Analamanga, où se trouve Antananarivo, est également concernée.

La situation pourrait évoluer entre février et avril 2027, avec des précipitations plus importantes, notamment dans le Nord et le Nord-Est. Plusieurs régions ayant subi un déficit pluviométrique durant les premiers mois pourraient alors connaître des pluies abondantes. Cette alternance fait craindre des crues soudaines, des glissements de terrain et des dégâts sur les infrastructures.

L’approvisionnement en eau constitue l’une des principales préoccupations. Dans les territoires déjà fragilisés par la sécheresse, la diminution des ressources disponibles pourrait compliquer les besoins quotidiens des ménages et les activités agricoles. Les températures élevées risquent également d’accélérer l’évaporation.

À Antananarivo, la Jirama estime toutefois que les réserves de Mandroseza et de Tsiazompaniry permettent actuellement d’envisager la prochaine saison pluvieuse sans rupture majeure de la ressource principale. Une vigilance particulière demeure nécessaire dans les secteurs dépendant des rivières Mamba et Sisaony, dont les niveaux commencent à diminuer.

Les conséquences sanitaires préoccupent également les autorités. Le manque d’eau pourrait accentuer les problèmes de malnutrition et favoriser certaines infections. À l’inverse, les inondations augmenteraient les risques de contamination des ressources hydriques et de propagation de maladies comme le choléra, la dengue ou le paludisme. Les fortes chaleurs pourraient aussi entraîner davantage de déshydratations et de complications cardiovasculaires.

Pour limiter les conséquences de ces phénomènes, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) a commencé à répartir des équipements et des stocks alimentaires dans les zones sensibles. Des embarcations sont notamment prévues dans le Nord pour faciliter les interventions en cas d’inondations, tandis que le Sud bénéficie de dispositifs de stockage et de distribution d’eau.

Le ministère de l’Eau accélère parallèlement le déploiement de 320 systèmes multiusages dans le Sud, destinés à répondre aux besoins des habitants, des agriculteurs et des éleveurs. Des camions-citernes sont déjà mobilisés et douze véhicules supplémentaires devraient renforcer les capacités de ravitaillement.

Le ministère de la Santé publique travaille, de son côté, à l’organisation d’une surveillance sanitaire et d’un mécanisme d’alerte précoce.

Au-delà des interventions d’urgence, le gouvernement cherche à limiter les pertes économiques que pourraient provoquer ces dérèglements climatiques, particulièrement dans l’agriculture, la pêche et l’élevage. La préservation des réserves d’eau figure également parmi les priorités, avec un appel de la Jirama à une consommation responsable.

Pour Madagascar, l’enjeu sera de pouvoir répondre simultanément à des situations très différentes selon les régions : assurer l’accès à l’eau dans les territoires frappés par la sécheresse et protéger les populations menacées par les fortes précipitations. Les prochains mois permettront de mesurer l’ampleur réelle du phénomène annoncé et l’efficacité des mesures préventives engagées.

-----

2 commentaires

Vos commentaires

  • 16 octobre à 10:25 | Vohitra (#7654)

    La gestion et la conservation des eaux et des sols par le biais de la protection des bassins versants et l’adoption de pratiques agro—ecologiques auraient dû être intégré dans le domaine des activités courantes dans un pays tropical dont la localisation géographique est exposée à des aléas climatiques...au lieu de perdre du temps et des ressources dans les dépenses inutiles...

    De toutes les manières, aucune sécurité alimentaire ne pourra être assurée tant que les ressources physiques de la production ne sont ni conservées ni entretenues...

    Répondre

    • 16 octobre à 11:32 | tonga soa (#11899) répond à Vohitra

      Mais heureusement rien à craindre car les différents services s’occupent de tout. Tout est mis en "branle" pour que cela se passe sans problèmes (ou presque).
      Ainsi certains pourront dire "Bravo colonel, chapeau bas colonel" etc etc...mais attendons avant de crier victoire.

Réagir à l'article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, merci de vous connecter avec l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Publicité




Newsletter

[ Flux RSS ]

Suivez-nous

Madagascar-Tribune sur FACEBOOK  Madagascar-Tribune sur TWITTER  Madagascar-Tribune sur GOOGLE +  Madagascar-Tribune RSS 
 
{#URL_PAGE{archives}}